Le projet de société porté par Romuald Wadagni pour la mandature 2026-2033 érige l’aménagement du territoire et les infrastructures de mobilité au rang de priorités nationales. Au cœur de la stratégie : désenclaver les campagnes, fluidifier les grands axes urbains et moderniser un secteur du transport jugé vieillissant. L’ambition est claire, changer d’échelle après une décennie marquée par des investissements concentrés sur les métropoles et les corridors structurants.
L’annonce phare du programme porte sur la réalisation de 3 000 kilomètres de routes supplémentaires. L’enjeu dépasse la seule addition de kilomètres bitumés.
Il s’agit d’abord de tisser un maillage plus dense entre les bassins de production et les pôles économiques, afin de réduire les coûts de transport et les délais d’acheminement. Les zones agricoles sont directement visées. Une meilleure desserte doit permettre aux producteurs d’évacuer leurs récoltes en toute saison, et aux commerçants d’accéder aux marchés urbains sans subir les ruptures d’accessibilité qui surviennent encore durant les périodes pluvieuses.
Le dispositif prévoit de renforcer les liaisons intercommunales et de les arrimer au réseau national. Les communes aujourd’hui faiblement connectées devraient ainsi bénéficier d’une attention accrue, dans une logique d’équité territoriale.
En parallèle, le programme mise sur des ouvrages d’envergure destinés à soutenir les échanges régionaux et à consolider la position du Bénin comme pays de transit.
Cotonou : un contournement nord pour respirer
La congestion de la capitale économique constitue l’autre chantier prioritaire. Avec la montée en charge du Port de Cotonou et l’intensification des flux de marchandises, les axes urbains subissent une pression croissante.
La réponse proposée est la construction d’un contournement nord. L’objectif est de détourner une partie du trafic de transit, en particulier les poids lourds, des quartiers densément peuplés.
Les effets attendus sont multiples : désengorgement des carrefours, amélioration de la sécurité routière, gains de temps pour les usagers. Sur le plan économique, la fluidification des déplacements devrait se traduire par une baisse des coûts logistiques et par un renforcement de la compétitivité du corridor béninois face aux itinéraires concurrents de la sous-région.
Un parc de camions à rénover
Le volet transport routier ne se limite pas aux infrastructures. Le projet prévoit le renouvellement de plus de la moitié du parc national de camions.
La vétusté actuelle se traduit par des pannes récurrentes, des charges d’entretien élevées, une surconsommation de carburant et un risque routier accru. Un parc plus moderne doit donc améliorer à la fois la sécurité et la productivité du secteur.
La mise en œuvre de cette mesure soulève toutefois la question du financement. L’accès au crédit pour l’acquisition de véhicules neufs sera déterminant, notamment pour les petites et moyennes entreprises de transport dont les marges d’investissement restent limitées.
Préserver l’existant : l’entretien au centre
Au-delà des nouvelles constructions, le programme insiste sur la maintenance. Entretenir le réseau déjà réalisé apparaît comme la condition pour pérenniser les investissements et éviter une dégradation prématurée des ouvrages.
Boniface KABLA
A lire aussi:
85 ans, l’âge qui met un terme au mandat des membres de droit
Un mort et un blessé dans un violent accident de la circulation