Le dossier judiciaire de l’activiste panafricaniste a connu un tournant devant les juridictions sud-africaines ce jeudi. Ses avocats contestent une remise au Bénin et privilégient Niamey au Niger.
Le procès de Kémi Séba en Afrique du Sud prend une dimension politique. Mercredi 23 septembre 2026, ses conseils ont plaidé devant la justice sud-africaine contre son extradition vers le Bénin. Leur argumentaire s’appuie sur la nationalité nigérienne de l’activiste. Selon la défense, si extradition il doit y avoir, celle-ci devrait s’opérer vers le Niger et non vers le Bénin.
À Cotonou, Kémi Séba fait l’objet de poursuites pour des faits présumés portant atteinte à la stabilité nationale et régionale. Cette ligne de défense vise à déplacer l’épicentre du dossier. En orientant la procédure vers Niamey, l’activiste espère trouver un environnement plus favorable, tant sur le plan politique que médiatique.
De son côté, le Bénin maintient sa demande d’extradition, mettant en avant sa souveraineté et la primauté du droit. Le Niger, quant à lui, se trouve au cœur d’un dilemme diplomatique : assurer la protection d’une figure du panafricanisme tout en évitant d’attiser des tensions régionales.
Au-delà de son volet judiciaire, l’affaire révèle une instrumentalisation du droit. Le procès se mue en un bras de fer géopolitique où chaque État entend préserver son image et ses intérêts.
La décision de la justice sud-africaine est désormais attendue. Elle dira si l’argument de la citoyenneté l’emporte ou si l’extradition vers le Bénin est confirmée. En attendant, Kémi Séba a déjà transformé cette procédure en tribune politique.
B. K.