« L’influence: ce que nous transmettons aux autres sans le savoir! » est le titre de la chronique hebdomadaire de madame Christhelle Houndonougbo Alioza0 » pourrait être simplement ce que les autres seront devenus après nous avoir connus. Une parole, un geste, un exemple peuvent continuer à vivre longtemps après notre départ », souligne CHA. Elle nous invite à être attentifs à ce que nous semons. « Que notre influence soit une lumière et non une ombre… », dit-elle. Lisons plutôt.
Chers ami.e.s,
« Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action soit érigée en règle universelle. » Emmanuel Kant
Nous influençons les autres bien plus que nous ne l’imaginons. Par notre manière de parler, d’aimer, de travailler, de réagir aux épreuves, de traiter les autres ou de tenir nos engagements, nous transmettons quelque chose. Et souvent, nous ignorons même qui nous observe en silence, qui s’inspire de nous ou qui reproduit certains de nos comportements. La question n’est donc pas seulement : qui m’influence ? Mais surtout : qui suis-je en train d’influencer ?
L’influence est partout : dans la famille, à l’école, au travail, dans la société, mais aussi dans la religion, la spiritualité, les traditions et les croyances. Albert Bandura a montré que l’être humain apprend largement par observation et imitation. L’enfant regarde ses parents, l’élève son enseignant, le jeune ses aînés, le collaborateur son responsable. L’être humain regarde avant même d’écouter.
Dans la famille, cette influence devient déterminante. Un enfant qui voit le respect, le dialogue, le pardon et l’humilité apprend ces valeurs. Celui qui grandit dans les cris, le mépris ou la violence peut également reproduire ce qu’il a vu. Certaines blessures traversent les générations parce que personne n’a eu le courage d’interrompre la chaîne. Au travail aussi, un responsable qui dirige par la peur obtient l’obéissance ; celui qui inspire, écoute et agit avec justice construit l’engagement.
Mais nous sommes également façonnés par ce que nous croyons. La religion peut transmettre la foi, l’espérance, le pardon et la compassion. Elle peut aussi, lorsqu’elle est déformée par le fanatisme ou la peur, devenir un instrument d’enfermement. Nous finissons souvent par vivre selon ce que nous croyons.
Depuis toujours, l’être humain lève également les yeux vers les astres pour y chercher des signes et du sens. L’astrologie et les horoscopes ne doivent pas être confondus avec l’astronomie ni présentés comme des vérités scientifiquement établies. Mais la croyance elle-même peut influencer les comportements : celui qui se croit capable avance avec assurance ; celui qui se croit condamné à échouer peut renoncer avant même d’avoir commencé. Parfois, nous ne sommes pas prisonniers de ce que nous sommes, mais de ce que nous croyons être.
Il en va de même de certaines croyances traditionnelles africaines liées aux ancêtres, aux forces invisibles, aux interdits, aux signes ou à ce que certains appellent les « portés-portés ». Qu’on les considère comme réalités spirituelles, traditions ancestrales, symboles culturels ou croyances populaires, elles participent à la manière dont certaines personnes comprennent le monde et orientent leur conduite. D’où cette exigence : respecter les croyances sans renoncer au discernement.
Car être influencé ne signifie pas être condamné à subir. La liberté commence lorsque nous devenons conscients de ce qui nous façonne. Nous pouvons choisir ce que nous gardons de notre éducation, de notre environnement, de nos fréquentations, de nos croyances et de notre culture.
L’histoire nous rappelle d’ailleurs que l’influence peut servir le meilleur comme le pire. Mandela et Martin Luther King Jr. ont transformé leur influence en force de réconciliation et de dignité. D’autres l’ont utilisée pour manipuler, diviser et dominer. Influencer est donc un pouvoir, mais aussi une responsabilité.
Alors demandons-nous : que transmettons-nous autour de nous ? La confiance ou le doute ? L’espoir ou le découragement ? La vérité ou le mensonge ? Le courage ou la peur ? La paix ou la colère ? Le pardon ou la rancœur ? Quelqu’un deviendra peut-être meilleur parce qu’il nous a rencontrés. Quelqu’un d’autre pourrait aussi porter une blessure à cause de nous.
Notre véritable héritage ne sera peut-être ni notre argent, ni notre fonction, ni notre titre. Il pourrait être simplement ce que les autres seront devenus après nous avoir connus. Une parole, un geste, un exemple peuvent continuer à vivre longtemps après notre départ.
Alors, soyons attentifs à ce que nous semons. Que notre influence soit une lumière et non une ombre ; une élévation et non un poids ; une bénédiction et non une blessure.
Car au dernier bilan, la vraie question sera peut-être celle-ci : quelles vies auront été transformées parce que nous avons existé ?
Excellente semaine à toutes et à tous.
Merci aux fidèles lecteurs des Chroniques de CHA pour leur confiance et leur fidélité.
CHA
Femme Noire, Fmme de Pouvoir!