Au lendemain des pluies diluviennes qui ont perturbé la ville de Cotonou, le Directeur Général de la SIRAT, Ranti Akindès, et le directeur du pôle aménagement urbain assainissement, François Agomadjè, ont tenu une conférence de presse ce mercredi 07 mai 2026. A l’occasion, ils ont expliqué le contexte et fait le point de la situation.
Dans ses propos liminaires, le DG Sirat a rappelé l’ampleur des inondations. Dans la nuit du 5 au 6 mai, environ 172 millimètres d’eau, soit 17,3 centimètres, sont tombés en trois heures, selon les données météo. Cette précipitation d’un jour est celle d’un mois, dit-il. « C’est une situation assez préoccupante qui a conduit à l’engorgement des routes et à des difficultés de circulation et de mobilité des populations », a-t-il indiqué. Des inondations d’habitations ont également été enregistrées dans plusieurs quartiers de Cotonou, notamment Sainte-Rita, Agontikon, Vêdoko, Agla, Les Cocotiers et d’autres secteurs d’Akpakpa. Le DG SIRAT a tenu à exprimer sa solidarité aux populations touchées. « C’est vrai que ça n’a pas été facile. Certains sont peut-être encore en train de régler les dégâts. C’est une situation déplorable. Moi-même, j’ai été inondé chez moi à 6h30. La pluie est rentrée par la dalle », a-t-il confié.
Il a toutefois souligné la rapidité du retrait des eaux. « C’est une situation qui, au bout de deux heures, s’est rapidement résolue. La plupart des axes structurants étaient dégagés en l’espace d’une heure et, progressivement, l’eau s’est retirée dans la plupart des axes où des travaux ont été réalisés avec l’appui du ministère du Cadre de Vie et du gouvernement », a précisé le DG Sirat qui met ainsi en valeur le Programme d’assainissement pluvial de Cotonou ( PAPC) , programme qui vise à réduire de façon significative, la vulnérabilité de la ville de Cotonou face aux inondations et à améliorer la circulation urbaine à travers la capitale économique du pays.

Aux côtés du coordonnateur du programme d’assainissement pluvial de Cotonou, François Agomadjè, directeur des opérations de la Sirat a détaillé les choix techniques. Il a rappelé que les systèmes d’assainissement sont dimensionnés en intégrant l’intensité des pluies sur des périodes de retour allant de 10 à 70 ans. « La grosseur des collecteurs est définie en fonction de la durée retenue », a-t-il expliqué. Pour Cotonou, une période de retour spécifique a été adoptée pour calibrer les ouvrages.
Au sujet du dimensionnement des ouvrages
Selon lui, les pluies de la veille étaient prévues dans les modèles. « Deux heures après, l’eau s’est entièrement retirée. Cela veut dire que les ouvrages fonctionnent comme prévu. » Une stagnation de quelques heures lors d’événements majeurs est intégrée au fonctionnement normal des infrastructures. Éviter toute rétention d’eau imposerait des collecteurs surdimensionnés. « On sera obligé de concevoir des ouvrages qui peuvent parfois prendre toute la voie. C’est un compromis entre le coût du projet et ce qui est acceptable en termes d’inondation. »
Pour illustrer la limite du dimensionnement, le DG /Sirat a ajouté : « Imaginez que vous dimensionnez votre maison pour le cas où un avion tombe dessus. Vous n’aurez plus la même maison. » Les infrastructures répondent aux cas les plus courants, avec une projection sur 10 à 20 ans. « On ne peut pas prévoir tout l’avenir. Nous ne sommes pas maîtres de la nature. Nous ne décidons pas de la quantité de pluie qui tombe ni d’où elle tombe. » Il a conclu en relevant que, sur certaines zones, le retrait des eaux s’est fait en 30 minutes.
Cette sortie conjointe du DG Sirat et de François Agomadjè visait à éclairer l’opinion sur les perturbations du 6 mai et sur le niveau de service assuré par les ouvrages d’assainissement en cas de pluies d’intensité exceptionnelle.
Boniface KABLA