En Angola, l’Assemblée nationale a adopté, mercredi 12 août, une loi sur la cybersécurité, avec 104 voix favorables du MPLA au pouvoir et 56 votes contre de l’Unita dans l’opposition. Cette loi suscite l’inquiétude d’une partie de la société civile, qui y voit un volet supplémentaire dans le dispositif sécuritaire mis en place par le pouvoir, à un an de l’élection présidentielle. Au cœur des préoccupations, il y a les conditions d’accès aux données personnelles des utilisateurs d’internet.
Le vote de cette loi intervient alors que le principal opérateur téléphonique du pays, Unitel, vient de subir une cyberattaque massive, fin juillet, au moment de son entrée en bourse. Le réseau avait été perturbé pendant plusieurs jours, affectant des millions de clients à travers le pays. Les députés du MPLA défendent cette nouvelle législation comme un moyen de mieux traquer et sanctionner les auteurs de cybercrimes.
Mais l’Unita et une partie de la société civile expriment leur inquiétude, notamment car cette loi impose aux opérateurs téléphoniques de transmettre « toute communication au contenu criminel ou qui porte atteinte à la sécurité de l’État ».
Manque de clarté
Mais quel contenu pourrait constituer une menace ? Le juriste Eduardo Chipilica souligne le manque de clarté. Selon lui, la diffusion d’un appel à manifester pourrait, par exemple, être considérée comme un contenu menaçant. Dans ce cas, les opérateurs pourraient être amenés à transmettre les données personnelles de l’auteur de la diffusion.
La question reste donc de savoir jusqu’où pourra aller l’accès aux données personnelles des utilisateurs et dans quelles circonstances elles pourront être transmises aux autorités.
Cette nouvelle loi intervient par ailleurs quelques jours après l’entrée en vigueur, au début du mois, de la loi sur les fausses informations. Celle-ci prévoit jusqu’à dix ans de prison pour toute personne qui publierait sur internet une « fausse information ».