Bénin : Le charbon de bois flambe, les ménages paient le prix fort

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( Voici quelques raisons de l’augmentation du prix du charbon au Bénin)
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‎Sur un site de vente de charbon de Godomey, la hausse des prix se fait sentir jusque dans les petites dépenses quotidiennes. Une jeune dame, rencontrée dimanche 27 septembre après son achat, témoigne de l’impact de cette flambée sur les repas des ménages. Derrière cette augmentation, plusieurs facteurs sont évoqués, notamment les difficultés d’approvisionnement, le renforcement des contrôles forestiers et les contraintes liées au transport du bois-énergie.
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‎« Regardes, pour un repas où tu devrais utiliser 200 F pour le charbon, c’est passé à 500 F. Or, la quantité du charbon n’a même pas augmenté », se plaint une jeune dame rencontrée dans un marché de vente de charbon à Godomey. Quelques instants auparavant, elle venait d’acheter un sachet de charbon. Un sachet dont le prix, selon elle, en nous le montrant, est passé de 100 F à 250 F.
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‎Son constat traduit le malaise de nombreux ménages confrontés à l’augmentation du coût du charbon de bois. Pour une même quantité de combustible, les consommateurs doivent désormais débourser beaucoup plus. Une situation qui pèse particulièrement sur les foyers qui utilisent quotidiennement le charbon de bois pour préparer leurs repas.
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‎Des difficultés d’approvisionnement qui font grimper les prix
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‎À Cotonou et dans plusieurs localités du pays, la hausse concerne aussi les sacs de charbon. Auparavant vendu autour de 6.000 à 6 500 F CFA auprès de certains grossistes, le sac se négocie désormais entre 10 000 et 12 000 F CFA, selon les points de vente.
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‎Selon les acteurs de la filière interrogés par Africaho, les difficultés d’approvisionnement constituent l’une des principales raisons de cette flambée. Les grossistes rencontreraient davantage de difficultés pour obtenir leurs stocks, alors que les coûts liés au transport et à la circulation du bois-énergie ont également augmenté.
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‎Des acteurs évoquent, par ailleurs, des difficultés rencontrées par les transporteurs dans le Nord du pays. Des chiffres allant jusqu’à plusieurs centaines de camions immobilisés ont été avancés par certains opérateurs de la filière. Ces données, rapportées par les acteurs concernés, ne constituent toutefois pas un bilan officiel de l’administration forestière.
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‎Les contrôles forestiers renforcés dans le viseur
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‎Le renforcement des contrôles constitue également un élément avancé pour expliquer les tensions sur l’approvisionnement. Le transport du bois-énergie est soumis à une réglementation qui impose notamment des documents et des taxes spécifiques.
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‎Le lieutenant-colonel, Emmanuel Gbédji, alors directeur technique chargé de la biomasse-énergie et de la valorisation des ressources forestières à la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse, avait expliqué que le charbon de bois n’est pas interdit au Bénin. Son transport est toutefois encadré.
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‎Depuis janvier 2025, le montant annoncé pour le transport est de 630 F CFA par sac de charbon et 735 F CFA par stère de bois. Le paiement est effectué en ligne sur la plateforme du Trésor et donne lieu à une quittance permettant d’obtenir le titre de transport.
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‎Pour les transporteurs qui acheminent le bois-énergie sur de longues distances, ces formalités et les contrôles associés peuvent donc avoir une incidence sur les délais et les coûts d’acheminement. Les charges supplémentaires sont susceptibles d’être répercutées sur les différents maillons de la chaîne jusqu’au consommateur.
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‎Une ressource forestière de plus en plus sous pression
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‎Cette hausse intervient dans un contexte où les ressources forestières béninoises sont soumises à une forte pression. Selon les données citées par Emmanuel Gbédji, les formations forestières naturelles du Bénin ont perdu 4 748,40 km² entre 2015 et 2022, soit environ 8 % de leur superficie initiale. Sur la même période, les taux annuels de déforestation et de dégradation étaient estimés respectivement à 1,51 % et 1,64 %.

‎Le charbon de bois n’est cependant pas l’unique facteur de cette évolution. L’agriculture, l’urbanisation, les infrastructures et d’autres activités participent également à la transformation des espaces forestiers.
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‎La raréfaction de la ressource disponible peut néanmoins rendre la production plus coûteuse. Les producteurs doivent parfois parcourir de plus grandes distances pour trouver le bois nécessaire à la fabrication du charbon, ce qui augmente les coûts de production et de transport.

‎Selon des données citées par le PNUD, plus de 80 % des ménages béninois dépendent encore du bois et du charbon pour la cuisson. Toute perturbation de cette filière a donc des conséquences directes sur les dépenses quotidiennes des familles.

 

Recours à des sources d’énergie alternatives
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‎Face à cette situation, les autorités encouragent progressivement le recours à des sources d’énergie alternatives, notamment le gaz domestique dont les prix actuels vont de 2000 à 4500f. L’objectif est notamment de réduire la pression exercée sur les ressources forestières tout en offrant aux ménages d’autres solutions pour la cuisson.
‎Mais en attendant une transition plus large, les ménages doivent composer avec la hausse actuelle du prix du charbon.
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‎Aser ABALLO

 

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