Violences sur femme au Bénin : La jeune femme torturée à Ekpè livre le récit glaçant des sévices subies

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Une délégation de l’Institut National de la Femme (INF), s’est rendue vendredi 24 avril 2026 au chevet de la jeune femme torturée avec du feu à Ekpè dans la commune de Sèmè-Podji, département de l’Ouémé. Sortie de son silence, la victime visitée au Centre hospitalier universitaire de zone de Suru-Léré à Cotonou, a livré un récit glaçant des sévices subies.

 

Les quatre membres, pieds et mains  attachés séparément aux potences, le feu sous le sexe après y avoir introduit du piment, c’est la description inhumaine des violences subies par une femme de 30 ans, dont la vidéo devenue virale sur la toile a sonné une mobilisation institutionnelle au Bénin.

 

La police, les organisations de défense des droits de l’homme, institutions de la République et diverses structures ont condamné les pratiques de violences insoutenables à Ekpè et avertissent avec fermeté.

 

La délégation de l’INF représentée par la secrétaire exécutive de l’Institut, Flore Djinou, a rappelé les mesures de protection mises en place pour secourir la victime. « La victime est en sécurité. Il y a même des agents de la police républicaine ici à l’hôpital pour assurer sa sécurité », a déclaré Mme Djinou. Elle a lancé un appel à la dénonciation des violences en appelant le numéro vert 114.

« Je voudrais nous demander de ne jamais nous taire sur des cas de violence exercée sur les femmes, sur les garçons, sur les filles. Composer le 114, c’est gratuit (…) N’hésitez pas également à appeler le numéro d’alerte de l’Institut », a rappelé la secrétaire exécutive de l’INF. Elle a également mis en garde contre de telles pratiques qui ne resteront plus impunies. « C’est dommage qu’en 2026 (…) on soit encore à traiter les femmes comme si elles étaient des gigots de mouton qu’il faut briser. (…) Zéro impunité en cas de violence faite aux femmes et aux filles », avertit Mme Djinou.

Les auteurs présumés des sévices de feu sur la jeune femme ont été interpellés le jeudi 23 avril 2026, a confirmé l’INF. elle a déclaré, « Bon nombre d’entre eux ont déjà été interpellés et la justice va se dire ».

 

La jeune femme torturée brise le silence et parle des violences subies

Prise en charge sous surveillance policière à Cotonou, la victime, une femme âgée de 30 ans, a raconté : « C’est un papa qui a proposé qu’on ne doit pas me laisser partir. De lui donner une corde pour qu’il m’attache. C’est ainsi qu’on m’a attachée autour d’un bois. Les deux pieds et deux mains liées en allumant le feu sous moi ».

Sur les sévices subis, elle ajoute, « Ils m’ont mis du piment dans le sexe. Les habits que j’ai portés, ils ont mis du couteau dedans pour déchirer en me mettant nue. Je sens encore les douleurs aux mains. La corde avec laquelle j’ai été liée, on ne peut pas ligoter un humain avec une telle corde ».

 

Bref constat médical sur l’état de santé préoccupant de la victime

Sur l’état de santé de la patiente, le Dr Cyrille Kpangon, médecin chirurgien au Centre hospitalier universitaire de zone de Suru-Léré à Cotonou, a expliqué que la victime présente de multiples lésions. « Elle a une inflammation des deux mains avec une difficulté à mobiliser les doigts. Pour pouvoir nouer son pagne, ça n’a pas été facile », a expliqué l’agent de santé.

Il a évoqué « des lésions de sévices corporels. On voit très bien au niveau des poignets et des chevilles les traces des liens. À part ça, au niveau du corps, elle a plein de lésions, de plaies, en bonne voie de cicatrisation », suite à des coups et blessures volontaires.

Le praticien a par ailleurs rassuré sur la prise en charge de la victime, qui s’inscrit dans le cadre d’une convention avec l’INF.

 

I.A.