L’affaire de la jeune femme torturée par le feu à Ekpè connaît un tournant judiciaire décisif. Six personnes ont été placées sous mandat de dépôt mercredi 29 avril 2026 dans l’affaire de l’acte de torture par le feu perpétré sur une femme à Ekpè, commune de Sèmè-Podji. Ceci après leur comparution devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Un septième individu, toujours en fuite, est activement recherché.
Révélés le jeudi 23 avril 2026 par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, les faits ont suscité une vague d’indignation nationale. On y voit une jeune femme, mère de famille, ligotée, dénudée, puis suspendue au-dessus d’un feu de bois. Selon les premiers éléments de l’enquête, ses bourreaux lui auraient également introduit du piment dans les parties intimes. Motif invoqué par les agresseurs : le vol présumé d’un téléphone portable.
Face à l’émoi suscité, la Police républicaine a ouvert une enquête préliminaire. En moins d’une semaine, six individus soupçonnées d’avoir participé à cet acte de barbarie ont été interpellées. Déférés ce mercredi devant le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), les mis en cause ont été présentés au magistrat. À l’issue de leur comparution, ils ont tous été placés sous mandat de dépôt. Ils restent désormais à la disposition de la justice en attendant la suite de la procédure.
Un suspect toujours en cavale
Si la majorité des présumés auteurs sont désormais aux mains de la justice, l’enquête se poursuit. Une septième personne, directement mise en cause dans les actes de torture, reste introuvable. Les unités spécialisées maintiennent la traque.
L’état de la victime et la réaction des autorités
Dans une vidéo diffusée vendredi 24 avril par l’Institut national de la Femme (INF), la victime apparaît encore marquée physiquement et psychologiquement. Elle se plaint de douleurs persistantes aux poignets. Son médecin traitant a également signalé un traumatisme psychologique important nécessitant un suivi.
Invitée sur Bip Radio le dimanche 26 avril, Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’INF, a qualifié les faits de « traitement humiliant et dégradant pour la personne humaine ». Elle a annoncé que l’audition de la victime et celle de plusieurs témoins se tiendra dans les jours à venir, afin de reconstituer précisément le déroulement des faits.
L’INF dit attendre « une condamnation exemplaire » à l’issue de la procédure, pour marquer la tolérance zéro face aux violences faites aux femmes.
Boniface KABLA
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