Entame de la tournée sous-régionale du chef de l’Etat par le Nigéria et le Niger : Karim da Silva salue la perspicacité, la clairvoyance et l’esprit de synthèse à l’origine de ce choix

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(«La paix avec ses voisins immédiats n’est pas un luxe diplomatique, c’est la condition première d’un développement serein et d’une économie qui respire», rassure le nonagénaire)

Il est de ceux qui observent la vie politique béninoise depuis les profondeurs, sans chercher les projecteurs. Le Patriarche Karim Urbain Elisio da Silva, figure respectée du paysage socio-politique national, n’a pas attendu que Romuald Wadagni prête serment, le 24 mai dernier, pour lui témoigner sa confiance. Depuis l’annonce de la candidature du ministre des Finances à l’élection présidentielle du 12 avril, il a été l’un de ses soutiens les plus constants, les plus affirmés. Un soutien qui ne relevait pas du calcul politique, mais d’une conviction profonde : celle qu’un homme capable de tenir les cordons de la bourse d’un pays pendant une décennie entière méritait de tenir ses rênes.

Dans cet entretien accordé au journal ‘’LES 4VÉRITÉS,’’ le Patriarche da Silva revient sur la nature de ses rapports avec le cinquième président de la République du Bénin, des rapports faits, dit-il, de « courtoisie, d’admiration et de haute considération réciproques ». Il décrypte aussi l’un des premiers actes forts du nouveau chef de l’État : sa tournée ouest-africaine qui l’a conduit d’abord à Abuja, au Nigeria, puis à Niamey, au Niger. Deux voisins immédiats, deux choix qui n’ont rien d’anodin aux yeux du Patriarche. Pour le Patriarche da Silva, choisir le Nigeria et le Niger comme premières destinations officielles hors du territoire national est la marque d’un chef d’État lucide. La paix avec ses voisins immédiats n’est pas un luxe diplomatique, c’est la condition première d’un développement serein et d’une économie qui respire.

 

Les 4 Vérités: Patriarche Urbain Karim Elisio da SILVA, depuis plusieurs décennies, depuis les régimes Kérékou, Yayi, et Talon, vous n’avez cessé de rappeler l’impérieuse nécessité de la bonne santé des relations entre le Bénin et le Nigéria, notamment au plan économique. Il y a trois ans, à la fermeture de la frontière entre le Niger et le Bénin, vous aviez, par différentes voies, rappelé les liens séculaires qui existent entre le Bénin et le Niger, la fraternité qui a toujours lié les deux peuples.

Pour ses premières sorties officielles, hors du territoire national, le président Romuald WADAGNI qui vient d’entamer son septennat, a donné la priorité au Nigéria et au Niger. Quelles réflexions vous inspirent ces choix d’Abuja et Niamey ?

 

Patriarche Karim da Silva : Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. La perspicacité, la clairvoyance, l’esprit d’analyse et de synthèse du Président Romuald WADAGNI sont à l’origine de ce choix.

Et, quand on y pense, comment peut-on vivre serein et faire de bonnes affaires si nous ne sommes pas en paix avec nos voisins immédiats ?

Je crois que ces considérations et d’autres, non moins importantes, ont guidé les choix du Président WADAGNI.

 

Au Bénin, depuis l’annonce, fin octobre 2025, de Romuald WADAGNI, comme candidat de la majorité présidentielle jusqu’à sa prestation de serment, le 24 mai dernier, en tant que Président élu de la République du Bénin et donc successeur de Patrice Talon, le nouveau chef de l’Etat Béninois a bénéficié du soutien permanent et multiforme du Patriarche Karim Urbain Elisio da SILVA. Quels ont été vos rapports avec Romuald WADAGNI, Ministre des Finances puis candidat à l’élection présidentielle du 12 avril dernier ?

 

 Nos rapports ont toujours été très courtois, mêlés d’admiration et de haute considération réciproques.

 

Pourquoi avoir tant savouré le plébiscite de ce dernier ?

 

 Cela procédait d’une joie inexprimable. J’étais heureux pour mon pays parce que les acquis des deux derniers mandats présidentiels seraient préservés et que l’ère nouvelle d’un développement inédit s’ouvrait pour le Bénin.

 

Comment peut-on expliquer le soutien dont bénéficie, d’ores et déjà, de votre part, le cinquième Président de la République du Bénin ( ère du renouveau démocratique) pour son septennat ?

 

Le Bénin entier l’a vu à l’œuvre, pendant une décennie, au Ministère des Finances. N’est-ce pas suffisant ? Rappelez-vous de toutes ces réactions, qui se sont traduites par la reddition et le ralliement des uns et des autres, à l’annonce de sa candidature. Il faut savoir être honnête et reconnaître à chacun son mérite. Sa candidature faisait la quasi-unanimité du monde politique béninois et cela s’est traduit dans les urnes. Qui dit mieux ?

 

Propos recueillis  par Fréjus MASSIHOUNTON