Drame à Douala :  Une femme assassine sa coépouse et ses trois enfants par jalousie

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Quatre morts. Une femme, trois enfants. Le quartier Bépanda à Douala a vécu l’un des drames familiaux les plus glaçants de ces derniers mois. Christelle Kemeni, deuxième épouse de Robert Nkom, a tué la première femme de son mari et les trois enfants de celle-ci. Arrêtée par la gendarmerie, elle a justifié ses actes par « pur amour ». Une explication qui a laissé les enquêteurs sans voix.

 

Bépanda, une nuit qui ne ressemble à aucune autre

Les faits sont brutaux. Christelle Kemeni vivait avec Robert Nkom depuis environ un an, en tant que deuxième épouse. Une cohabitation tendue, visiblement rongée par une jalousie que personne dans l’entourage n’avait mesurée à sa juste intensité — ou que personne n’avait voulu voir.

Elle est passée à l’acte. La première épouse a été tuée. Ses trois enfants aussi.

Interpellée par les éléments de la gendarmerie, Christelle Kemeni n’a pas nié. Elle a parlé. Elle a dit avoir agi par amour pour Monsieur Nkom, avec l’idée — difficile à comprendre, impossible à défendre — de l’avoir enfin pour elle seule. Quatre vies effacées pour une possession.

C’est l’un des actes les plus terrifiants qu’une affaire de jalousie conjugale puisse produire.

La polygamie comme terrain de tensions invisibles

Ce drame repose une question que le Cameroun n’a pas fini de traiter. La polygamie, pratiquée légalement dans le pays sous certaines conditions, crée parfois des foyers où la cohabitation entre coépouses génère des tensions durables, sourdes, jamais vraiment dites.

Mais taire n’est pas résoudre. Et l’absence de mécanismes de médiation familiale ou d’accompagnement psychologique dans ces situations laisse des fractures s’aggraver en silence.

Les associations de défense des droits des femmes et des enfants au Cameroun pointent régulièrement ce vide. Les chiffres manquent pour mesurer précisément l’ampleur des violences intrafamiliales liées aux conflits de coépouses. Pourtant, les faits divers s’accumulent.

Quatre victimes à Bépanda. Une suspecte en garde à vue. Et une famille détruite par ce qu’elle-même appelait de l’amour.

S.E.