Le Portugal et l’Espagne vont disputer un huitième aux allures de finale avant l’heure, lundi (19h TU) au Mondial 2026, avec au centre de l’équation, une passionnante lutte d’influence entre Vitinha et Pedri, deux des meilleurs milieux de terrain au monde.
« Pour moi, la meilleure équipe et le meilleur milieu, c’est le nôtre », même s’ils ont « plein de stars » et qu’ils sont « très bons collectivement », a lancé le capitaine espagnol, Rodri, dimanche à Dallas, devant des journalistes et sous un soleil de plomb. Les deux voisins européens sont assis à la même table des favoris pour le titre, comme l’Argentine et la France, mais l’un d’eux devra rendre son tablier à l’issue du duel texan, disputé à Arlington.
Ils y arrivent avec une dynamique différente : les Portugais ont écarté la Croatie avec difficulté (2-1) au tour suivant, tandis que la Roja a enfin montré un visage conquérant et dominant contre l’Autriche (3-0), après un premier tour majoritairement traversé sur la pointe des pieds. Les champions d’Europe en titre sont montés en puissance et ils n’ont toujours pas encaissé le moindre but en quatre matches, en grande partie grâce à la muraille qu’ils ont érigée dans l’entrejeu.
La bataille du milieu de terrain
Le sélectionneur Luis de la Fuente a la chance de compter sur la technique délicieuse de Pedri (23 ans) du FC Barcelone, et sur l’abattage acharné de Rodri (30 ans), enfin débarrassé semble-t-il des blessures qui l’ont freiné ces derniers mois avec Manchester City.
Le Portugal, lui, dispose du brillant binôme du Paris SG, Vitinha et Joao Neves, épaulé par le capitaine de Manchester United, Bruno Fernandes. La concentration de talents au mètre carré est telle que Bernardo Silva, nouvelle recrue du Real Madrid, n’a pas sa place parmi les titulaires.
En attaque, justement, les deux camps comptent aussi des individualités de haute volée, à commencer par le meilleur buteur espagnol du Mondial, Mikel Oyarzabal, et le capitaine vétéran portugais, Cristiano Ronaldo. A 41 ans, ne dit rien de son avenir. Mais à Dallas, les Espagnols se trouveront face à un attaquant pour qui chaque match de Coupe du monde pourrait bien être le dernier sous le maillot national.
Ronaldo, un titulaire contesté
Un schéma qui rappelle le Mondial 2006, quand l’Espagne gonflée à bloc avait croisé, déjà en huitièmes, les Bleus vieillissants d’une autre légende madrilène au crépuscule de sa carrière. Marca avait annoncé en Une que la Roja allait « mettre Zidane à la retraite » et s’était trompé. À voir l’admiration qu’ils vouent au natif de Madère, il semble peu probable de revoir un tel péché d’orgueil dans les médias espagnols.
« Comme je l’ai dit avant, (je vais arrêter) quand je le déciderai, pas quand vous le déciderez, vous posez toujours la même question », a évacué le capitaine du Portugal, dans un auditorium plein à craquer du Dallas stadium d’Arlington, au Texas. « Je ne veux pas attirer l’attention là-dessus, parce que c’est moins important (que le match contre l’Espagne, ndlr) », a développé Cristiano Ronaldo.
L’avant-centre aux 146 buts en 232 sélections (deux records dans le football international masculin) dispute sa sixième Coupe du monde. Mais sa place parmi les titulaires fait l’objet d’un débat constant en raison de son rendement jugé parfois insuffisant. « Je ne suis plus le joueur que j’ai été », certes, mais « je ne suis pas si mauvais, j’ai marqué trois buts » durant cette Coupe du Monde, a-t-il glissé. « Ce que j’ai fait pendant toute ma carrière, c’est m’adapter continuellement à travers les âges ».
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