Face aux interrogations sur la pertinence du Sénat et du Conseil économique et social (CES), le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté une vigoureuse défense de ces institutions. Invité de l’émission Face à l’actualité, il a soutenu que le Sénat doit être un cadre où l’expérience des anciens dirigeants et des personnalités ayant un riche parcours de vie est mise au service de la République, loin des considérations partisanes.
Invité de l’émission Face à l’actualité, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué la philosophie qui sous-tend la création de la deuxième chambre du Parlement béninois.
Selon lui, le Sénat est avant tout une institution destinée à bénéficier de l’expérience de personnalités ayant accumulé un important vécu dans la gestion des affaires publiques. Il estime qu’une telle mission ne saurait être pleinement assurée par des profils trop jeunes, aussi compétents soient-ils, faute d’une expérience de vie comparable.
Pour illustrer son propos, le ministre a évoqué les anciens chefs d’État du Bénin, notamment Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon. À ses yeux, au-delà des appréciations divergentes que les citoyens peuvent porter sur leurs mandats respectifs, leur qualité d’anciens présidents de la République leur confère une expérience exceptionnelle dont le pays peut continuer à tirer profit.
Wilfried Léandre Houngbédji a souligné que l’évaluation d’un bilan présidentiel demeure relative et varie selon les sensibilités politiques. Il a d’ailleurs reconnu que les opinions restent partagées sur les différentes gouvernances qui se sont succédé à la tête du pays. Toutefois, il insiste sur le fait que ce n’est pas ce critère qui justifie leur éventuelle présence au Sénat, mais plutôt la richesse de leur parcours et leur capacité à apporter un regard éclairé sur les grandes questions nationales.
Le porte-parole du gouvernement a également rappelé que cette logique n’est pas propre au Bénin. Dans plusieurs démocraties, a-t-il expliqué, les anciens présidents de la République siègent de droit dans des institutions comme le Conseil constitutionnel ou le Sénat afin de mettre leur expérience au service de l’État.
Réagissant aux critiques assimilant ces institutions à un « garage politique », Wilfried Léandre Houngbédji a rejeté cette lecture. Il a fait observer que certains anciens dirigeants, encore relativement jeunes après leur départ du pouvoir, préfèrent parfois poursuivre une carrière politique dans l’espoir d’un retour aux responsabilités. Ce n’est qu’avec le temps, lorsqu’un tel retour ne se concrétise pas, qu’ils choisissent d’intégrer ces hautes institutions, non comme une voie de reclassement, mais comme un cadre de contribution à la vie de la Nation.
Le ministre entend convaincre que le Sénat n’a pas vocation à servir de refuge politique, mais à constituer une instance de sagesse, de réflexion et d’appui institutionnel, où l’expérience des anciens responsables est mise au service de l’intérêt général.
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Aser ABALLO
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