Réunion du Parlement de la CEDEAO à Cotonou : Les participants plaident pour un écosystème plus solide au profit des MPME

Economie & Tech

Au deuxième jour des travaux de la réunion délocalisée de la commission mixte de la CEDEAO, , les échanges se sont concentrés sur les leviers capables d’accélérer le développement des micro, petites et moyennes entreprises, considérées comme le socle de l’intégration économique régionale.

 

La réflexion s’intensifie au sein de la réunion délocalisée de la commission mixte de la CEDEAO à Cotonou. Ce mardi 28 juillet 2026, les participants ont consacré leurs délibérations à la problématique cruciale du financement, de la compétitivité et de l’intégration des micro, petites et moyennes entreprises dans l’espace communautaire.

Donnée alarmante en toile de fond : 80 % des petites et moyennes entreprises en Afrique subsaharienne cessent leurs activités dans les trois premières années d’existence. Un constat qui a nourri l’urgence des débats.

Trois communications au cœur des échanges

La première a porté sur les mécanismes susceptibles de stimuler l’innovation financière et numérique, afin de renforcer la compétitivité des MPME et de fluidifier le commerce transfrontalier. La seconde s’est penchée sur les stratégies à déployer pour ériger ces entreprises en véritables moteurs des chaînes de valeur régionales au sein de la CEDEAO. La troisième a, quant à elle, mis en exergue le rôle déterminant des normes, de la certification et des infrastructures de qualité dans l’accès des entreprises aux marchés régionaux.

« Les MPME ne manquent pas de potentiel. Elles manquent plutôt d’une infrastructure, d’un écosystème qui puisse les accompagner », a souligné Claudia Noutais auditeur manager. Parmi les leviers proposés : l’adoption de textes législatifs ambitieux, assortis de systèmes opérationnels d’accompagnement. Les députés ont notamment plaidé pour la définition d’objectifs vérifiables, afin d’évaluer a posteriori l’efficacité des lois adoptées.

Un point central a cristallisé les discussions : la reconnaissance mutuelle des normes et des certifications. Les participants ont insisté sur la nécessité qu’un produit certifié au Bénin ou dans tout autre État membre puisse circuler librement dans l’ensemble de la communauté, sans être soumis à de nouveaux cycles de normalisation ni à des barrières tarifaires. Un principe pourtant au cœur du traité prônant la libre circulation des biens et des services.

Or, la réalité s’en éloigne. Au-delà des contraintes techniques, ce sont surtout des freins politiques qui ont été pointés du doigt.
« Ce qui ressort le plus, c’est la mauvaise volonté politique de certains dirigeants des États membres, et également le manque de confiance entre États », a-t-on relevé au cours des débats. En conséquence, un produit dûment certifié dans un pays membre se heurte encore à des restrictions lorsqu’il tente de pénétrer un autre marché de la région.

À l’issue des présentations, les parlementaires ont ouvert la phase des délibérations. Ils ont examiné les recommandations issues des SPR, enrichi les propositions formulées et dégagé plusieurs pistes d’action. L’objectif affiché : doter la région d’un secteur privé plus compétitif, plus innovant et davantage intégré à l’économie régionale.

Boniface KABLA