Côte d'Ivoire : Yacine Idriss Diallo élu à la tête de la Fédération ivoirienne de football

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Yacine Idriss Diallo prolonge son bail à la tête de la Fédération ivoirienne de football pour les quatre prochaines années. Unique candidat à sa propre succession, il a été élu ce samedi 12 septembre 2026 à Yamoussoukro. L’occasion de faire le bilan de son premier mandat, et d’envisager les perspectives du second

C’est à l’issue de près de quatre ans de crise, dont plus d’un an sous une normalisation décrétée par la FIFA, que la Fédération ivoirienne de football a élu à sa tête Idriss Diallo le 23 avril 2022. Quatre ans après, le bilan de son premier mandat reste indissociable du sacre des Éléphants, lors de la CAN à domicile en 2024. Pour le journaliste indépendant Fernand Dédéh, ex-directeur du service des sports de la RTI, Idriss Diallo a eu beaucoup de réussites :

« Après la grosse crise qu’on a connue dans le football en Côte d’Ivoire, il a réussi à relancer le football au niveau des hommes et des femmes. Il a permis à la Côte d’Ivoire de monter sur la plus haute marche du podium à la CAN 2023. Et la qualification pour le Mondial a été un bonus qui a remis le pays dans le gotha du football mondial. »

De nombreux chantiers

« On a fait des progrès intéressants » , renchérit Idriss Diallo lui-même. Le président dit avoir d’abord ouvert les bras à tout le monde, à l’issue d’une élection de 2022 serrée, qui l’avait alors opposé à des adversaires de gros calibres, comme Sory Diabaté ou Didier Drogba. Le but de son premier mandat a été de relancer la machine du football ivoirien afin de dérouler son programme.

« Le premier problème qu’on a attaqué était le salaire des joueurs. Grâce à la revalorisation des subventions qu’on a accordées aux clubs, on a imposé un salaire minimum [160.000 FCFA en Ligue 1 et 100.000 FCFA en Ligue 2]. Ensuite, on a relancé toutes les compétitions : Ligue 1, Ligue 2, D3, etc… On a aussi poussé le football des jeunes et on a fortement appuyé le football féminin. Et enfin on a mis le paquet sur les équipes nationales. Quand nous prenions les rênes, la Côte d’Ivoire était 14e-15 africain. Aujourd’hui, on est la 5e équipe d’Afrique. »

S’agissant du football féminin, si Yacine Idriss Diallo s’estime globalement satisfait des avancées obtenues, il l’est beaucoup moins quant aux résultats de la sélection nationale féminine dirigée par Reynald Pedros, notamment à l’issue de la CAN organisée au Maroc.

Un football local qui reste à développer

Mais l’aspect le moins satisfaisant de ce premier mandat, de l’avis des observateurs, reste le football local. « Le vrai problème du football en Côte d’Ivoire, c’est le football local » , commence Fernand Dédéh. « Depuis une vingtaine d’années, le public a quitté les stades. Le spectacle laisse à désirer. Les meilleures graines partent tout de suite en Europe. Et c’est l’une des équations que le président Idriss Diallo devra résoudre. »

Analysant objectivement les quatre premières années d’Idriss Diallo à la tête de la FIF, Jean Philippe Towa, cofondateur du média en ligne DjoloSports, distingue la sélection nationale du football local. Car pour lui si la première « marche très bien », l’autre « n’est pas un produit dont on peut se satisfaire aujourd’hui et n’attire pas non plus les foules. »

S’il convient de la désaffection du public vis-à-vis du football local, Salif Bictogo, directeur de campagne d’Idriss Diallo et président sortant de la ligue de football professionnel, estime néanmoins que le football local s’est amélioré ces quatre dernières années.

« Au niveau de l’Afrique, le championnat ivoirien est passé de la 14e place à la 10e. Et dans la région ouest-africaine, nous occupons la première place. On n’avait que deux représentants en compétitions africaines, nous en avons aujourd’hui quatre. »

L’une des clés d’amélioration proposées à cet effet pour les quatre prochaines années par Idriss Diallo et sa liste est l’augmentation des subventions accordées aux clubs. Celles accordées aux clubs de la Ligue 1 passent de 100 à 140 millions de francs CFA par an ; et celles de la Ligue 2, de 50 à 70 millions de franc CFA.

Au-delà de ces montants, Idriss Diallo dit miser sur la pérennisation des transformations positives opérées. « L’un des piliers, c’est le renforcement de la capacité de nos clubs à mieux s’autogérer et à générer des ressources nouvelles de sorte qu’à l’horizon 2030, ces clubs ne comptent plus uniquement sur les subventions et que celles-ci ne soient qu’une partie de leurs ressources. »

Bien que disposant d’un programme de gouvernance articulé autour de six grands axes, Idriss Diallo et sa liste entendent organiser des états généraux du football ivoirien au plus vite. « La porte du football ivoirien est toujours ouverte à tous ceux qui peuvent venir apporter leur contribution » conclut le président.

 

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