L’affaire de présumée escroquerie en bande organisée autour d’une promesse de nomination ministérielle connaît désormais un développement judiciaire. Présentés au parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), le lundi 7 septembre 2026, Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II et David Zoutougou ont été placés sous mandat de dépôt à l’issue d’une longue audition. Les deux hommes ont ainsi passé leur première nuit en prison. Leur procès est fixé au 29 octobre 2026.
Au centre du dossier, une promesse de nomination à de hautes fonctions publiques, qui aurait conduit une victime à remettre d’importantes sommes d’argent aux mis en cause.
Selon des sources proches du dossier, le montant financier en jeu tournerait autour de 45 millions de FCFA.
Pour réunir les sommes réclamées, la victime affirme avoir consenti à de lourds sacrifices financiers. Il aurait notamment vendu sa maison et sa moto, puis puisé dans ses tontines et contracté plusieurs prêts afin de répondre aux différentes sollicitations du prétendu « faiseur de ministres », selon les informations de Triomphe mag.
Les fonds auraient été remis en plusieurs tranches, au gré des démarches et des assurances données à la victime. L’opération présumée reposait notamment sur la promesse d’obtenir une nomination à un poste de responsabilité dans l’administration publique, avec, en perspective, une entrée au gouvernement. La victime aurait été convaincue de la capacité des personnes impliquées à intervenir auprès de décideurs publics. C’est dans ce contexte que plusieurs versements auraient été effectués.
Des photos pour convaincre, une nomination qui n’arrive jamais
D’après les informations recueillies, David Zoutougou, agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), aurait joué un rôle dans la mise en relation avec Gilbert Dakè Djokess Kpotokan II, qu’il connaissait depuis plusieurs années.
Pour donner du crédit à ses affirmations, l’agent de l’ANIP aurait notamment évoqué ses relations avec le fils de l’ancien président de la République, aujourd’hui président du Sénat, et montré des photographies prises avec ce dernier. Ces éléments auraient contribué à convaincre la victime de la capacité des mis en cause à faciliter une nomination.
La promesse aurait ensuite été maintenue malgré les évolutions politiques intervenues en 2026. À l’approche de la fin du régime de Patrice Talon puis de la formation du premier gouvernement conduit par Romuald Wadagni, la victime aurait encore été rassurée sur une nomination imminente. Mais l’annonce attendue n’est jamais arrivée.
La plainte met fin à l’attente
Après plusieurs attentes et face à l’absence de résultat, la victime a entrepris des démarches pour récupérer les sommes versées. Les tentatives n’ayant pas abouti, une plainte a été déposée entre fin juillet et début août 2026.
L’enquête ouverte par la Brigade économique et financière (BEF) a conduit, le mardi 1er septembre 2026, à l’interpellation de Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II dans les locaux de son bureau à Sikecodji, à Cotonou. Quelques heures auparavant, David Zoutougou avait été interpellé dans son bureau pour les mêmes faits présumés.
Les deux hommes ont été placés en garde à vue avant leur présentation au parquet spécial de la CRIET, le lundi 7 septembre 2026. Après une longue audition, la justice a décidé de leur placement en détention.
D’autres personnes recherchées
Le dossier ne se limiterait pas aux deux prévenus désormais incarcérés. D’autres personnes seraient citées dans la procédure et se trouveraient en fuite. Elles seraient activement recherchées dans le cadre de l’enquête.
La justice devra notamment établir le rôle précis de chacun, déterminer la destination des sommes versées et apprécier la réalité des engagements qui auraient été pris auprès de la victime.
Président de la Fondation Œcuménique pour la Paix en Afrique (FOPA), Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II est connu dans le milieu associatif pour ses activités liées au dialogue interreligieux, à la cohésion sociale et à la promotion de la paix.
Pour l’heure, les faits restent présumés. Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II et David Zoutougou bénéficient de la présomption d’innocence. C’est au terme du procès annoncé pour le 29 octobre 2026 que la justice appréciera les responsabilités pénales dans cette affaire.
A. A
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