À l’heure où le gouvernement conduit par Romuald Wadagni achève ses 100 premiers jours, les collectivités territoriales commencent à en mesurer les effets sur le terrain. C’est le constat dressé par Bernard Atchohoundo, premier adjoint au maire de la commune d’Allada, lors de son passage sur les antennes de Capp FM.
Interrogé sur l’impact des décisions gouvernementales au niveau des communes, l’élu a d’emblée rappelé la portée limitée d’un tel délai.
« Il faut être honnête : 100 jours ne suffisent pas pour transformer en profondeur le quotidien de tout un pays. C’est quand même des signes forts, des signes forts et encourageants », a-t-il déclaré, soulignant que la durée permettra de consolider les orientations déjà engagées.
Des effets directs sur le social et les infrastructures
Pour Bernard Atchohoundo, les réformes touchent d’abord et avant tout la base. Il cite en exemple le secteur de la santé : « _En particulier, dans les hôpitaux publics, comme je l’ai dit , il n’y a plus de conditions préalables et c’est très important. C’est un changement immédiat et concret pour les familles », a-t-il dit.
Au plan éducatif et sanitaire, il estime que les collectivités locales sont pleinement associées à la mise en œuvre. « La mise en œuvre des 100 jours, globalement, c’est à la base que ça se passe. On élabore par exemple le nombre d’écoles qui doivent bénéficier. Au niveau des centres de santé, c’est la même chose. C’est une prérogative des collectivités locales », a-t-il précisé.
Concernant la commune d’Allada, dont il est l’une des premières autorités, le premier adjoint au maire se veut positif. « La commune d’Allada bénéficie beaucoup de la gouvernance Wadagni, notamment sur les infrastructures de base. C’est très important », a-t-il affirmé, mettant en avant un « appel plus direct aux ressources propres des communes ».
Le nœud du paiement en ligne des impôts locaux
Au-delà des satisfactions, Bernard Atchohoundo a profité de l’antenne pour adresser une interpellation respectueuse à l’exécutif. Le sujet : la mobilisation des ressources propres des communes à l’ère du paiement numérique.
« Il y a également une attente. Lorsqu’ils sont sortis, il faudrait qu’il y ait un mécanisme qui soit mis en commun. Même s’il faut mettre un mécanisme de retenue, il peut y avoir un pourcentage que le gouvernement obtient », a-t-il expliqué.
Le problème, selon lui, est simple et pénalisant : tous les paiements effectués en ligne sont directement encaissés par la caisse de l’État, sans reversement automatique et satisfaisant aux communes concernées.
« Parce que tout paiement qui est fait en ligne, ça va directement dans la caisse de l’État. Et le retour dans la caisse des communes, c’est un peu compliqué. Même à présent, au niveau de notre commune, nous n’avons pas encore eu ce retour avec satisfaction », a-t-il déploré.
En clair, les impôts payés par les populations sur le territoire communal ne parviennent plus intégralement à la commune, ce qui « diminue l’atteinte des objectifs au niveau de la commune ».
En conclusion, le premier adjoint au maire d’Allada a lancé un appel : « Je voudrais profiter de l’occasion pour demander que le gouvernement insiste un peu sur ça. Ça va beaucoup aider les communes ».
Un plaidoyer qui résume bien les attentes des élus locaux : accompagner les réformes nationales d’outils financiers permettant aux communes de rester les premiers acteurs du développement à la base.
Boniface KABLA
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