Saisie en matière de contentieux des élections communales, la Cour suprême a déclaré irrecevable la requête aux fins de sursis à exécution introduite par l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) contre son arrêt du 10 septembre 2026, relatif au dossier d’arrondissement de Glo-Djigbé, dans la commune d’Abomey-Calavi. Une décision par laquelle la haute juridiction rappelle le caractère définitif de ses arrêts.
La haute juridiction est restée debout. Comme annoncé, la Chambre administrative de la Cour suprême, réunie en audience plénière ce mardi 29 septembre 2026 dans le dossier n°2026-218-EC/26, a statué sur la requête introduite le 22 septembre par l’UP-R par le biais de son avocat.
Cette requête visait à obtenir le sursis à exécution de l’arrêt n°187/EC/26 rendu le 10 septembre dernier, lequel annulait la désignation et l’installation de Bernard Gbénou et enjoignait au préfet de l’Atlantique d’installer Sètondji Boco dans un délai de quinze jours. La Cour Suprême déclare irrecevable la requête de la vague jaune qui s’oppose à l’installation de Sètondji BOCO.
C’est un camouflet pour l’UP-R, majoritaire au conseil communal d’Abomey-Calavi, mais minoritaire dans l’arrondissement de Glo-Djigbé. Le parti, qui soutenait Bernard Gbénou, avait déjà introduit un recours en annulation contre l’arrêt du 10 septembre, avant de demander le sursis à son exécution, à quelques jours de l’expiration du délai.
Cette stratégie a conduit à une situation inédite : malgré la note BE n°262/MDGL/DC/SGM/SA du ministre de la Décentralisation en date du 14 septembre et la correspondance n°3/ATL/2026D/3609/DEP-ATL/SG/STCCD/SA du préfet Raphaël Akotègnon enjoignant au maire Nathanaël Koty de convoquer une session extraordinaire, l’installation prévue le 16 septembre n’a jamais eu lieu.
Avec la décision de ce mardi, la Cour suprême rappelle un principe fondamental de l’article 131 de la Constitution : ses décisions en matière de contentieux électoral local statuent en dernier ressort, ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent à tous.
Retour sur un feuilleton politico-judiciaire
L’affaire plonge ses racines au 4 mars 2025. Alors chef d’arrondissement de Glo-Djigbé élu sous les couleurs de l’UP-R, Sètondji Boco est suspendu de ses fonctions par l’ancien maire Angelo Evariste Ahouandjinou, une décision jugée depuis contraire aux textes.
Désavoué par son parti qui désigne un successeur, l’élu claque la porte de la vague jaune et rejoint le Bloc Républicain (BR). Fort de sa popularité locale, il remporte, lors des communales du 11 janvier 2026, les deux sièges de l’arrondissement pour le compte du Cheval cabré. Le BR, devenu majoritaire à Glo-Djigbé, le désigne logiquement comme chef d’arrondissement.
Contre toute attente, c’est pourtant son colistier, Bernard Gbénou, également élu BR mais soutenu par l’UP-R ( accord de gouvernance), qui est désigné le 13 mai 2026 par le préfet Jean-Claude Codjia et installé en lieu et place de Jeanne Assoclé.
Refusant de s’avouer vaincu, Sètondji Boco saisit la Cour suprême le 28 mai 2026. À l’audience, il brandit la lettre de désignation du BR, parti majoritaire, tandis que son adversaire ne présente qu’une lettre de l’UP-R, dont il n’est pas membre. Le 10 septembre, la Cour tranche : annulation pure et simple de l’installation de Bernard Gbénou et injonction d’installer Sètondji Boco.
La décision de ce jour devrait désormais ouvrir la voie à l’exécution sans délai de l’arrêt.
Boniface KABLA
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