Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancien ministre des Finances appelle le président Romuald Wadagni à privilégier le dialogue et l’apaisement.
Après plusieurs années de silence médiatique, Komi Koutché a choisi de reprendre la parole. Dans une interview publiée par Jeune Afrique, l’ancien ministre béninois de l’Économie et des Finances, en exil aux États-Unis depuis 2019, livre une analyse sans détour de la situation politique et sociale du Bénin au lendemain de l’alternance au sommet de l’État.
Au cœur de son propos, figure un plaidoyer explicite pour la décrispation du climat politique. L’ancien argentier estime que le président Romuald Wadagni dispose d’une fenêtre d’opportunité pour inaugurer une nouvelle ère, fondée sur le dialogue, la concertation et le rapprochement entre les différentes forces politiques du pays.
Une question nationale avant une question personnelle
Tout en réaffirmant son désir de regagner le Bénin, Komi Koutché tient à relativiser la portée individuelle de sa démarche. Selon lui, l’enjeu dépasse largement son cas personnel. Il juge prioritaire d’apporter une réponse politique globale aux situations des exilés et des personnes détenues dans le cadre des crises politiques des dernières années. Pour l’ancien ministre, la réconciliation nationale constitue aujourd’hui une condition essentielle au renforcement de la cohésion sociale.
Reconnaissant que les tensions qui ont émaillé la vie publique béninoise ne sauraient être imputées à un seul acteur, il déplore la rupture progressive du dialogue entre les camps. Cette absence d’échanges, souligne-t-il, a nourri les divisions et les malentendus. D’où son appel à une reprise immédiate des pourparlers afin de restaurer la confiance entre les acteurs politiques.
Croissance économique et justice sociale
Sur le plan économique, Komi Koutché dresse un bilan contrasté de la dernière décennie. Il salue les avancées notables en matière d’infrastructures, de modernisation de l’administration publique et de digitalisation des services. Des réformes, reconnaît-il, qui ont contribué à donner une nouvelle image au pays.
Toutefois, l’ancien ministre invite le nouveau pouvoir à veiller à ce que ces performances macroéconomiques se traduisent de manière tangible dans le quotidien des populations. Il insiste sur la nécessité de faire en sorte que la croissance génère des effets directs sur la réduction de la précarité et l’amélioration des conditions de vie.
B. KABLA
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