Six nations européennes, une nation sud-américaine et une nation africaine vont se retrouver pour les quarts de finale du Mondial 2026. Retrouvailles franco-marocaines, duel de buteurs entre la Norvège et l’Angleterre, l’Argentine miraculée au défi de la Suisse, l’imprévisible Belgique face au verrou espagnol : focus sur le top 8 mondial.
Cette Coupe du monde 2026 devait faire la part belle aux nouveaux venus et aux équipes qui n’avaient plus pris part à la compétition depuis longtemps. Premier Mondial à 48, ce cru 2026 ressemble pourtant aux éditions précédentes : quand le niveau monte, les nations les moins expérimentées trépassent.
Ainsi, au rendez-vous des quarts, il n’y a pas vraiment de surprises. Aucune équipe asiatique n’est passée. L’Afrique n’a plus qu’un seul représentant, le même qu’il y a quatre ans : le Maroc. L’Amérique du Sud, en revanche, déchante avec une seule nation qualifiée, l’Argentine, au forceps. Une seule équipe sud-américaine en quarts d’une Coupe du monde, c’est inédit depuis 2002. Et quel camouflet pour le Brésil, quintuple champion du monde en déclin : pour la première fois depuis l’édition 1990, la Seleçao manque à l’appel du top 8.
Et c’est donc à nouveau l’Europe qui se taille la part du lion avec six qualifiés pour huit places. Et avec deux rencontres 100% européennes (Espagne-Belgique et Norvège-Angleterre), le Vieux Continent est assuré d’avoir au moins deux équipes en demi-finales. Un scénario avec un dernier carré entièrement européens est même envisageable.
Mais il faut d’abord passer cette étape que représentent les quarts de finale. Et le programme s’annonce prometteur, d’autant que les artificiers sont encore là et se livrent une bataille féroce pour le Soulier d’or de meilleur buteur.
France-Maroc : comme on se retrouve
Quatre ans après, revoilà les Bleus et les Lions de l’Atlas. Au Qatar, le Maroc avait impressionné : premier du groupe F devant la Croatie et la Belgique, vainqueur de l’Espagne en huitièmes puis du Portugal en quarts… Le beau parcours marocain s’était arrêté au stade des demi-finales. La France était une marche trop haute. Depuis, il y a eu cette drôle de CAN à domicile, avec une défaite en finale contre le Sénégal sur le terrain mais un trophée réattribué quelques semaines après dans la controverse.
Et depuis le début de ce Mondial américain, le Maroc avance avec assurance. Il a neutralisé le Brésil au premier tour, sorti les Pays-Bas en seizièmes de finale et maté le Canada en huitièmes de finale. La présence des Marocains à ce niveau n’est pas une surprise, et les Français, bien qu’en confiance, vont devoir mettre le bleu de chauffe. Si le rugueux Paraguay fut un adversaire pénible à sortir au tour précédent, le Maroc est un client d’un tout autre calibre. Les retrouvailles entre les deux capitaines et amis, Kylian Mbappé (7 buts) et Achraf Hakimi, seront à suivre de près.
Espagne-Belgique : les Diables rouges à l’assaut du coffre-fort ibérique
Qui fera plier l’arrière-garde en béton armé de l’Espagne ? La Roja est la seule équipe à n’avoir encore pris aucun but dans cette Coupe du monde. Cap-Vert, Uruguay, Arabie saoudite au premier tour, puis l’Autriche et le Portugal : tous muets. Le gardien Unai Simon est toujours invaincu, bien aidé par le quatuor défensif qui s’est installé avec Pedro Porro, Pau Cubarsi, Aymeric Laporte et Marc Cucurella. Et avec l’efficacité de ses titulaires comme de ses remplaçants, l’Espagne assume son statut de favori.
En face, la Belgique a quand même des arguments à faire valoir. Après des premiers pas poussifs dans le tournoi, les Diables rouges, bien que fébriles, ont passé les obstacles en se libérant en attaque. Cinq buts face à la Nouvelle-Zélande, trois contre le Sénégal, quatre contre les États-Unis… La Belgique, deuxième meilleure attaque de la Coupe du monde avec 13 buts, contre 14 pour la France et l’Argentine, a peut-être ce qu’il faut pour enrayer la machine espagnole.
Norvège-Angleterre : le Cyborg face à l’Ouragan
Les défenses sont prévenues : il va y avoir grand danger dans la surface de réparation. En fait, il va même y avoir deux menaces très sérieuses pour chaque arrière-garde. Bourreau du Brésil, Erling Haaland va être un problème des plus compliqués à gérer pour les Three Lions. L’attaquant de Manchester City en est déjà à sept buts dans cette Coupe du monde. Les statistiques sont toujours aussi folles pour celui que l’on surnomme le Cyborg, 25 ans et déjà meilleur buteur de l’histoire de la Norvège avec 62 buts en… 54 rencontres.
Mais les Norvégiens auront eux aussi un formidable buteur sur le dos en la personne de Harry Kane. Le capitaine a déjà scoré six fois et retiré plusieurs épines du pied de la sélection d’Angleterre. Le buteur du Bayern Munich, surnommé HurryKane (« hurricane », soit « ouragan » en anglais), est le fer de lance d’une équipe qui a résisté à la pression et à une expulsion pour sortir le Mexique chez lui en huitièmes. « J’ai vu dix Lions sur le terrain », a apprécié l’ancien attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic.
Argentine-Suisse : un champion encore en péril ?
Après deux matches très éprouvants face à des équipes africaines, l’Argentine sera-t-elle plus sereine face à une nation européenne ? Malmenée jusqu’en prolongation par le Cap-Vert en seizièmes et miraculée face à l’Égypte en huitièmes, l’Albiceleste de Lionel Messi, 39 ans et toujours en tête du classement des buteurs avec huit réalisations et 21 buts au total en Coupe du monde, apparaît moins fringante qu’au Qatar. Mais elle est toujours là, insubmersible, et le scénario fou contre les Pharaons pourrait bien avoir revigoré toute sa confiance.
Logiquement, la Suisse n’a pas la faveur des pronostics pour ce qui sera son premier quart de finale depuis 1954. La Nati a dû en passer par les tirs au but pour se défaire de la Colombie au tour précédent. Le capitaine Granit Xhaka et les siens sont solides en défense, avec seulement trois buts encaissés, et rêvent d’un exploit : enfin l’emporter contre l’Argentine (0 victoire, deux nuls et cinq défaites depuis 1966). Xhaka n’a probablement pas oublié que la dernière fois, en huitièmes de finale du Mondial 2014, l’Albiceleste n’avait trouvé son salut qu’en toute fin de prolongation et avait beaucoup souffert.
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