Ramadan  :  Confinement strict au Burkina et au Tchad, léger assouplissement en Algérie et en Égypte

Afrique

Le ramadan n’aura pas la même saveur pour les musulmans africains suivant où ils se trouvent sur le continent.

 

Cette période sacrée de jeûne, 4e pilier de l’islam, débute ce vendredi. Au Burkina-Faso, on s’attend à vivre un mois difficile, surtout dans la capitale. Ouagadougou est en quarantaine, les mosquées et marchés sont fermés. Les familles s’apprêtent à se serrer la ceinture, nous rapporte notre correspondant Yaya Boudani. « La table ne sera pas garnie comme d’habitude », lui confie un habitant ouagalais. « Les vivres ne circulent plus comme avant. Par exemple les beignets ou les dattes, je ne pense pas qu’on en aura ». Pour faire face, des chaînes de solidarité s’organisent dans les mosquées, pour venir en aide aux familles les plus en détresse. Avec la préparation et la distribution de kits, dans lesquels les fidèles trouveront des produits de première nécessité : des pâtes, du riz, du sucre et de l’huile. Le Burkina compte jusqu’à ce vendredi 616 cas de coronavirus pour 41 décès.

En Côte d’Ivoire aussi, le mois de jeûne ne sera pas aussi festif que d’habitude, pour les 43% de musulmans que compte le pays. Les croyants sont appelés à prier à la maison, les mosquées sont fermées et la solidarité est difficile à organiser. « D’habitude à chaque ramadan, on organise le jeûne », explique un volontaire d’une mosquée d’Abidjan à notre correspondant François Hume-Ferkatadji. « Et à partir de 18h on fait le Baga, le café, le thé, du pain… On est au moins une centaine à venir rompre le jeûne ici. Cette fois, on ne va pas avoir les moyens de faire les colis alimentaires. Donc ce sera très difficile cette année. » Le pays recense 1 004 cas et 14 morts depuis le début de la pandémie.

Même constat au Tchad : le ramadan s’annonce rude, d’autant que le prix des denrées alimentaires de base a augmenté. Notre correspondant dans la capitale tchadienne Madjiasra Nako, nous raconte que les habitants ont profité des derniers salaires d’avril, tout juste versés, pour faire le plein. Mais aussi que les Tchadiens aimeraient un assouplissement du couvre-feu en cette période de ramadan. Le couvre-feu actuel, instauré depuis le 2 avril, dure de 20h à 5h du matin et est préva minima jusqu’à la fin du mois. Le Tchad dénombre 40 personnes qui ont contracté le virus depuis son apparition, mais personne n’en est mort.

 

Le cas au Maroc et en Libye

 

Au Maroc, pas d’assouplissement au contraire, mais un durcissement des mesures de confinement. Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’instauration d’un couvre-feu nocturne pour ce mois de ramadan, de 19h à 5h du matin. Il sera formellement interdit aux habitants de se déplacer « en dehors de leurs domiciles ou sur la voie publique pendant cette tranche horaire que ce soit à pied ou à bord de véhicules de transport, à l’exception des personnes travaillant ou exerçant dans les secteurs et activités essentielles », précise le document. Le royaume chérifien fait partie des pays les plus touchés du continent (3 568 cas, 155 morts).

Au contraire, le voisin algérien, également très touché (3 007 cas, 407 morts) va légèrement assouplir les restrictions pour la période du ramadan. Par exemple, le confinement total de la province de Blida, épicentre de l’épidémie dans le pays, est remplacé par un couvre-feu (de 14h à 7h). Et à Alger et huit autres provinces, le couvre-feu déjà en vigueur va être raccourci (non plus 15h/7h, mais 17h/7h). Des mesures qui prennent effet dès ce vendredi.

Même chose en Égypte, où le couvre-feu est réduit de deux heures pour le ramadan : il s’étend donc désormais de 21h à 6h du matin. Par ailleurs, les magasins et centres commerciaux pourront ouvrir le vendredi et le samedi, jusqu’à 17h. L’Égypte est le 2e pays le plus touché du continent : 3 891 cas, 287 morts.

En Libye (60 cas, 1 mort), le confinement a été remplacé par un couvre-feu, de 18h à 6h pour les dix prochains jours. Jusque-là, le confinement mis en place depuis la semaine passée n’avait été que peu respecté par les habitants de ce pays en guerre. Les autorités tunisiennes ont, elles, raccourci de deux heures le couvre-feu nocturne imposé depuis le 22 mars. Il débute désormais à 20h. La Tunisie dénombre 909 cas pour 38 décès.

En Mauritanie, les activités économiques sont à l’arrêt depuis le 25 mars dernier d’où la galère de certains jeuneurs rencontrés devant les magasins de vente des produits alimentaires.

 

Avec RFI

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