Nathalie Villette-Wadagni : qui est la nouvelle Première dame du Bénin ?

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Longtemps restée loin des projecteurs, Nathalie Villette-Wadagni entre désormais dans la lumière à la faveur de l’investiture de son époux, Romuald Wadagni, comme président de la République du Bénin ce dimanche 24 mai 2026. Banquière internationale au parcours impressionnant, femme engagée pour le leadership féminin et figure discrète de la haute finance africaine, la nouvelle Première dame affiche un profil atypique qui suscite déjà curiosité et attention.

‎Depuis la cérémonie d’investiture organisée au Palais des Congrès de Cotonou, un nouveau visage s’impose dans le paysage institutionnel béninois : celui de Nathalie Villette-Wadagni, désormais Première dame du Bénin. Peu connue du grand public jusqu’ici, l’épouse du chef de l’État possède pourtant un parcours académique et professionnel de haut niveau, construit entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

‎Titulaire d’un master en banque et finance de l’Université Paris-Dauphine obtenu en 1998, Nathalie Villette a également suivi une formation de troisième cycle en finance d’entreprise à l’Université Paris 13. Son mémoire portait notamment sur la structuration de la dette dans le financement d’acquisition. Elle a ensuite intégré le réseau des anciens de la Harvard Business School après avoir suivi en 2015 un programme exécutif en management général. Plusieurs sources indiquent aussi qu’elle a effectué un cursus à la Saïd Business School d’Oxford.

‎Avant son entrée dans la sphère publique béninoise, la nouvelle Première dame a bâti une solide carrière dans la finance internationale. Entre 2000 et 2012, elle a travaillé au sein de la banque suisse UBS à Londres, où elle s’est spécialisée dans les financements d’acquisition, les prêts syndiqués, les restructurations de dettes et les opérations à effet de levier. Elle a notamment conseillé plusieurs multinationales sur leurs besoins de financement et participé à d’importantes opérations de rachat.

‎En 2013, Nathalie Villette rejoint le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated. Son ascension y sera rapide. D’abord chargée des grands comptes, elle devient ensuite responsable groupe des grandes entreprises mondiales, avant d’être nommée à la tête du bureau britannique de la banque de financement et d’investissement du groupe. À ce poste, elle supervisait des équipes réparties entre Londres, Dubaï, Pékin, Johannesburg et Paris. Elle assurait également des responsabilités stratégiques dans le suivi du crédit international couvrant 34 pays africains. Elle a quitté Ecobank en août 2025 afin d’éviter toute situation de conflit d’intérêts après l’entrée de son époux dans la course présidentielle.

‎Au-delà de la finance, Nathalie Villette-Wadagni s’est également investie dans des initiatives liées à l’autonomisation économique des femmes. Entre 2023 et 2025, elle a siégé comme administratrice non exécutive du programme de développement des entreprises d’Oxfam GB et a participé au comité d’investissement du fonds « Women in Enterprise ». Elle défend régulièrement les questions de représentation féminine et de leadership des femmes dans les instances de gouvernance.

‎Née en 1975 à Ouagadougou d’un père français et d’une mère burkinabè, Nathalie Villette-Wadagni possède une double culture franco-burkinabè qui a fortement marqué son parcours. Plusieurs médias rappellent qu’elle a grandi au Burkina Faso avant de poursuivre ses études et sa carrière à l’international. Mariée à Romuald Wadagni, elle est mère de deux enfants.

‎Depuis fin 2025, celle qui évoluait jusque-là dans les milieux financiers internationaux a amorcé une transition vers les questions de gouvernance et de service public. Elle a obtenu un certificat en gouvernance des risques auprès du Directors and Chief Risk Officers Institute et se présente désormais comme administratrice non exécutive et membre de comités d’investissement.

‎Malgré ce parcours prestigieux, Nathalie Villette-Wadagni demeure une personnalité discrète. Une discrétion qui rappelle celle de son prédécesseur à la Marina, Claudine Talon. Durant la campagne présidentielle, Romuald Wadagni avait d’ailleurs indiqué que les interventions publiques de son épouse s’inscriraient « dans le strict cadre des usages républicains ». Une manière d’annoncer une Première dame sobre, mais potentiellement influente dans les domaines sociaux et économiques.

‎Aser ABALLO