Mali : L’armée confirme des combats à Bamako et dans l’intérieur du pays contre des «groupes terroristes»

Afrique

Des détonations et des tirs sont entendus depuis le début de la matinée, ce samedi 25 avril, dans plusieurs localités maliennes. L’armée affirme combattre des « groupes terroristes » ayant attaqué des casernes.

 

Ce qu’il faut retenir

Des attaques ont eu lieu dans au moins quatre localités du Mali ce samedi : Kidal, dans le Grand Nord, Gao, la principale ville du nord du pays, Sévaré, dans le centre, et Kati, près de Bamako, qui abrite la résidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta, a appris RFI.

Aucun des incidents n’a fait l’objet d’une revendication quelconque pour le moment. L’armée, qui confirme des combats, évoque des « groupes terroristes » non identifiés.

L’armée malienne évoque une «situation sous contrôle»

Dans un nouveau communiqué, l’armée malienne affirme que les assaillants ont « essuyé de violents revers grâce au professionnalisme et à l’engagement des Fama [Forces armées maliennes, NDLR]» et assure que la « situation est sous contrôle ».

Les rebelles touareg revendiquent avoir pris la ville clef de Kidal dans le nord

Les rebelles touareg maliens du Front de libération de l’Azawad (FLA) revendiquent avoir pris le contrôle samedi de la ville clef de Kidal, dans le nord du Mali, après avoir attaqué cet ex-bastion de leur rébellion qui était jusqu’ici occupé par l’armée malienne et des militaires russes.

« La ville de Kidal est passée sous contrôle de nos forces armées », a écrit le groupe FLA dans un message sur Facebook. « Nos troupes du FLA contrôlent Kidal, l’essentiel de Kidal. Le gouverneur de Kidal s’est réfugié avec ses éléments au sein de l’ex-camp de la Minusma [la mission de l’ONU, NDLR] », a déclaré à l’AFP, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles maliens.

Pour l’heure, RFI n’est pas en mesure de vérifier cette revendication de source indépendante.

Les vols ont été suspendus à l’aéroport de Bamako.

Témoignage d’un Bamakois qui n’a pas pu se rendre à l’aéroport ce matin

Un habitant de la capitale s’apprêtait à prendre un avion à l’aéroport de Bamako ce samedi matin. Il a dû rebrousser chemin : « J’ai remarqué que toutes les voies étaient coupées par les militaires et la zone fortement quadrillée par ces mêmes militaires armés jusqu’aux dents. Ce que j’ai remarqué, c’est que ces soldats avaient l’air d’être en panique. […] Ils nous ont dit de rebrousser chemin. »

 

Les tirs sont entendus du côté de la base 101 de Senou, zone où se trouve aussi l’aéroport. Les détonations sont souvent espacées de quelques minutes avant de reprendre avec la même intensité, constate l’AFP

L’armée malienne affirme que des «groupes armés terroristes ont pris pour cibles certains points et casernes de la capitale»
« Des groupes armés terroristes, non encore identifiés, ont pris pour cibles tôt ce matin du 25 avril 2026 certains points et casernes de la capitale et de l’intérieur » du Mali, a affirmé, plus tard dans la matinée, l’armée malienne dans un communiqué.

Dans ces localités, les populations sont terrées chez elles. « Nous ne sortons pas, ça tire très fort. Nous avons peur », a témoigné par téléphone, à RFI, un habitant de Sévaré.

Des tirs entendus dans au moins quatre localités du pays, dont Kati, fief de la junte

Des tirs ont été entendus samedi matin dans plusieurs localités du Mali, dont Kati, près de la capitale Bamako, qui abrite la résidence du chef de la junte au Mali, le général Assimi Goïta, a appris l’AFP auprès de témoins, d’une source sécuritaire et d’un élu.

Outre Kati, ces détonations, non encore revendiquées, ont été entendues à Kidal, dans le Grand Nord, à Gao, plus grande ville du nord du Mali, et Sévaré, dans le centre de ce pays sahélien en proie à plus d’une décennie de conflit et de violences jihadistes.

Le Mali est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir par deux coups d’État en 2020 et 2021.