Polémique au sujet de la loi sur l’avortement au Bénin : Yacoubou Malehossou invite la population au calme

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( Les députés ont encadré l’avortement, ils ne l’ont pas légalisé », clarifie-t-il)

Il manquait sa voix au débat au sujet de la loi sur l’avortement voté récemment au Palais des gouverneurs à Porto Novo. Dans son intervention sur la télévision nationale, et face à la polémique qui fait son lit, l’honorable Yacoubou Malehossou invite la population au calme. Les députés ont encadré l’avortement, ils ne l’ont pas légalisé », comme le font croire certains, clarifie celui qui par le passé a siégé dans plusieurs mandatures au parlement. « Je demande à tous les Béninoises et Béninois de savoir que l’avortement n’est pas légalisé au Bénin. L’avortement est encadré plutôt », souligne-t-il.

Dignitaire musulman, l’He Yacoubou Malehossou a su utiliser des mots justes pour apporter son grain de sel au débat au sujet de la loi sur l’avortement au Bénin, une loi de 2003 que les députés de la 8è législature ont réformé jeudi 21 octobre 2021. Il s’agit bien sûr de la loi N° 2021-12 modifiant et complétant la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin.

Interviewé par la chaîne nationale, l’He Malehossou clarifie : « …En tant que musulman, il est interdit de faire l’avortement. Même si j’étais à la place des honorables députés, je vais quand même accepter de voter. Les députés ne peuvent pas faire du n’importe quoi. Ils ont bien analysé la proposition de loi, tout comme le gouvernement. Les gens n’ont pas bien compris le texte. Ce que j’ai retenu, la loi définit les cas où l’avortement est autorisé. Il y a cinq cas. Je vais citer trois. Un papa qui a enceinté sa propre fille, l’avortement est autorisé. Deuxièmement, une fille mineure qui tombe enceinte, il est aussi autorisé d’avorter. Et troisièmement, une femme en état de grossesse qui risque de perdre sa vie avec ladite grossesse avant l’accouchement ou la grossesse met sa santé en danger peut avorter.

En dehors de ces cas, si quelqu’un fait l’avortement, il sera arrêté. Ce n’est pas que si une fille tombe enceinte et le souhaite, elle va dans une clinique pour se faire avorter, NON, ce n’est pas ça. Et ce que j’ai lu, ce n’est pas en désordre, la loi encadre plutôt l’avortement au Bénin. Je précise donc que l’’avortement est autorisée sur prescription d’un médecin lorsque la loi le permet. Et ce ne sera pas dans des cliniques privées, mais dans des centres de santé ou hôpitaux reconnus par l’Etat et l’intéressée doit fournir des preuves (…)

Je crois que les députés doivent retourner vers leur base pour expliquer le bien fondé du vote de cette loi. Je demande à tous les Béninoises et Béninois de savoir que l’avortement n’est pas légalisé au Bénin. L’avortement est encadré plutôt ». Des propos qui devrait mettre fin à la polémique qui ne cesse de s’enfler depuis jeudi.

B.T.