Bénin (ex-Dahomey) : Il y a 49 ans, le coup d’État du 26 octobre

Société

Il y a 49 ans, exactement le 26 octobre 1972, le chef d’état-major adjoint de l’armée du Dahomey, le commandant Mathieu Kérékou a dirigé un coup d’État qui s’est déroulé sans effusion de sang. Résultat : le conseil présidentiel, qui dirige le pays depuis 1970 a été renversé et  remplacé par un Gouvernement militaire révolutionnaire.

Le Dahomey d’alors, Bénin d’aujourd’hui, a été confronté à une instabilité politique après son accession à l’indépendance le 1er août 1960. Après le renversement du président Hubert Maga, en 1963, le Dahomey a connu une série de coups d’État. En mai 1970, le pouvoir est assuré par un conseil présidentiel dont les trois membres assurent la présidence en rotation : Hubert Maga, Justin Ahomadégbé et Sourou Migan Apithy. Le 26 octobre 1972, des militaires, dirigés par le chef d’état-major adjoint de l’armée, Mathieu Kérékou, investissent le palais présidentiel, à Cotonou, pendant que le cabinet est réuni. Kérékou abolit la structure de la présidence tournante, supprime l’Assemblée nationale et se dit préoccupé par l’urgence de redresser l’économie. Aucun mort n’est déploré, mais les trois membres du conseil présidentiel, dont Apithy qui revient d’Europe où il est au moment du coup, sont incarcérés. Ils le resteront jusqu’en 1981. Kérékou est président et ministre de la Défense, alors que les autres ministères clés sont occupés par des militaires. Dans son premier grand discours, le 30 novembre, il annonce sa volonté d’établir un régime révolutionnaire, démocratique et populaire. D’une approche plus nationaliste, il évolue en 1974 vers l’adoption du marxisme-léninisme et du socialisme comme voie de développement du pays qui devient la République populaire du Bénin en 1975. Kérékou procède à des nationalisations sur le plan domestique et se rapproche aussi du camp socialiste sur la scène internationale.

Un pouvoir  révolutionnaire

En  prenant le pouvoir en 1972, Mathieu Kérékou met en place un régime révolutionnaire qui allait ouvrir une ère nouvelle, rompant avec les deux traits caractéristiques de la période précédente : l’hégémonie politique des « évolués » et l’instabilité institutionnelle chronique. Le régime instauré par Kérékou inaugura une longue période (17 ans) de stabilité relative, au cours de laquelle de nouvelles élites civiles et militaires allaient s’affirmer dans l’espace public.

De 1972 à 1990, le régime de Kérékou connut toutefois des métamorphoses importantes, liées à l’évolution des luttes factionnelles : une brève période nationaliste (1972-1974) ; une phase de radicalisation et d’institutionnalisation du régime (de 1974 au début des années 1980) ; une phase « thermidorienne » d’ouverture où le pragmatisme semblait devoir l’emporter sur l’option socialiste (1982-1988), et enfin une situation de crise ouverte qui allait conduire à la chute du régime (1989-1990).

Le Parti de la révolution populaire du Bénin conservera son emprise sur le pouvoir, exerçant une sévère répression à l’endroit de l’opposition. Kérékou demeurera à la tête du pays jusqu’en 1991. Il y reviendra pour deux mandats entre 1996 et 2006.

S.E.