Niger : Une semaine après la mutinerie… un conseil des ministres pour faire le point

Afrique

Au Niger, nous sommes ce samedi 5 septembre une semaine après la violente mutinerie qui a secoué Niamey. Hier s’est tenu le Premier conseil des ministres depuis ces évènements. Si le général Tiani, à la tête de l’État, n’a toujours pas pris la parole, le porte-parole du gouvernement a renouvelé ses accusations de déstabilisation contre la France. 

À Niamey, le conseil des ministres de ce vendredi a été exclusivement consacré à la tentative de déstabilisation du pouvoir la semaine dernière, rapporte notre correspondant régional, Serge Daniel. La junte accuse une nouvelle fois la France d’être derrière la mutinerie avec des complicités locales. « De pures fantaisies », a rétorqué sur notre antenne le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. 

Les autorités nigériennes pointent également du doigt des « Frères africains», sans donner cette fois-ci le nom d’un État. Par la voix de son porte-parole,  Mamadou Saidou, le gouvernement nigérien dénonce le « double visage » des « frères africains prompts à servir de passerelle aux actions déstabilisatrices des tenants du régime français », sans toutefois nommer de pays.

Une vidéo accusatrice

Plus tôt dans la semaine, la télévision d’État nigérienne a diffusé une vidéo présentée comme le témoignage d’un capitaine de l’armée de l’air. Dans cette vidéo, le militaire accusait plusieurs États d’avoir soutenu cette tentative de destabilisation. La France, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Cédéao… sont pointés du doigt par le capitaine Roger Gabriel dans la vidéo diffusée sur la télévision d’Etat nigérienne.

Des accusations de soutien aux soldats qui se sont rebellés à Niamey la semaine dernière rejetées par le porte-parole du gouvernement béninois. « Personne raisonnablement ne croit aux allegations qui ont été formulées contre le Bénin », affirme Wilfried Houngbedji. « À un moment ou un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi et que les relations vont se normaliser. Pour les mêmes raisons qui ont fait qu’hier nous avons été contre la destabilisation du Niger, nous sommes contre la destabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain. Ce sont nos frères, ce sont nos parents, les populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières, et nous avons vocation à coexister pacifiquement. »

Depuis l’arrivée du CNSP au pouvoir il y a trois ans, les autorités nigériennes ont à plusieurs reprises accusé leur voisin de vouloir les destabiliser, ce que le Bénin a toujours nié. Mais cette fois, note un analyste, les accusations ne viennent pas des dirigeants, mais du témoignage d’un soldat. Un narratif qui est, estime-t-il, destiné à la population nigérienne. Les relations entre Niamey et Porto Novo se sont réchauffées apres l’élection de Romuald Wadagni à la tête du Bénin. Mais à ce jour, le Niger maintient encore sa frontière fermée.

Dans le compte-rendu officiel de la réunion, le gouvernement reconnaît pour la première fois la mort de civils lors des événements. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

 Des messages de remerciement sont adressés au Mali et au Burkina Faso, qui forment avec le Niger l’Alliance des États du Sahel (AES). L’aide de deux autres pays est saluée, celle du voisin algérien et de la Fédération de Russie, dont l’intervention des militaires de l’Africa Corps a sauvé le général Abdourahmane Tiani.

Contre ceux qui l’accusent d’être impliqué dans la tentative de déstabilisation, le Niger n’exclut pas d’intenter des actions devant la justice internationale.