Au Sénégal, un projet réforme constitutionnelle est soumis au vote des députés ce lundi matin à l’Assemblée nationale. Le vote a lieu alors que le texte fait l’objet de plus en plus de critiques. Le 28 juin, le Pastef, dont le groupe parlementaire est à l’origine du texte et la coalition Diomaye Président qui soutient le chef de l’État, se sont fait face par conférences de presse interposées. La coalition Diomaye demande le retrait immédiat du texte tandis que le Pastef défend la légitimité de sa démarche.
Premier reproche de la coalition Diomaye : des amendements introduits à la dernière minute accusés de dénaturer le texte initial. Pour rappel, cette réforme de la Constitution portée par des députés Pastef est une reprise d’un avant-projet de la présidence présenté en avril dernier et auquel le Pastef avait été associé. Parmi les amendements critiqués, la précision du cadre légal appliqué à la haute trahison du chef de l’État ou encore la limitation du pouvoir de dissolution du président avec la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale une seule fois au cours de son mandat.
Un autre amendement introduit par ailleurs l’obligation pour le chef de l’État de déclarer son patrimoine non plus seulement à son arrivée aux affaires mais aussi à chaque fin de mandat.
Aminata Touré, Superviseure générale de la Coalition Diomaye Président dénonce une manœuvre politique : « Ce que le président de la République a prévu de faire, c’est d’aller au référendum, explique cette dernière. Il en définira la date pour que les Sénégalais soient directement consultés sur ces changements qui dénaturent complètement le régime présidentiel. » Des changements qu’elle impute en partie à une « position revancharde » d’Ousmane Sonko, « l’ancien Premier ministre [aujourd’hui devenu président de l’Assemblée nationale, NDLR] qui a été remercié », poursuit-elle.
La coalition Diomaye rejoint la position d’une partie de la société civile et de l’opposition. Elles aussi pointent une démarche précipitée, réclament le retrait du texte et des concertations autour de sa nouvelle version soumise aux députés ce lundi.
Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, rappelle que ce projet de réforme de la Constitution est issu du dialogue initié lors des Assises de la justice en 2024 et celles sur le système politique en 2025. « On ne peut pas, dans un pays qui doit faire l’objet de réformes, qui veut avancer, être dans un dialogue éternel. À un moment, il faudra, après le dialogue, après la concertation, que les institutions puissent jouer leur rôle et prendre leurs responsabilités. C’est ce que les Sénégalais attendent de nous », a-t-il ainsi déclaré.
Sauf surprise, le texte mis au vote devrait être adopté par l’Assemblée nationale où le Pastef compte une majorité de 130 députés sur 165. Rejoignez la communauté de Les 4 Vérités sur Whatsapp en cliquant sur ce lien:://whatsapp.com/channel/0029VbA6yXNAO7RCZYOqvi1R