Côte d'Ivoire : Un particulier à l’origine de destructions dans un quartier d’Abidjan arrêté

Afrique

En Côte d’Ivoire, un particulier à l’origine de la destruction de plusieurs habitations et commerces sur plusieurs dizaines d’hectares dans le quartier Campement, de la commune de Koumassi, a été arrêté, a appris RFI de source policière. Durant cette démolition, le 3 juin dernier, Jacques Brou avait alors été aidé par des forces de l’ordre.

Jacques Brou a été arrêté jeudi 18 juin dans la commune abidjanaise de Port-Bouët, « au cours d’une patrouille du CCDO », une unité d’élite, indique une source policière. Cette arrestation met donc fin à une longue semaine de cavale.

L’instruction de ce dossier va pouvoir démarrer. Jacques Brou fait l’objet de deux enquêtes. L’une émane du procureur de la République, pour troubles à l’ordre public, voies de fait et destruction volontaire de biens d’autrui. Oumar Braman Koné, le procureur, précise que ces destructions ont été faites sans autorisation. La demande de Jacques Brou, portait initialement sur cinq habitations : elle avait été rejetée par le tribunal, souligne le procureur dans un communiqué, diffusé la semaine précédente.

Ensuite, la seconde enquête est menée par la Haute autorité pour la bonne gouvernance. Elle doit permettre d’établir s’il y a eu enrichissement illicite, abus de fonction ou encore conflit d’intérêt.

Jacques Brou a été troisième adjoint au maire de Koumassi entre 1998 et 2000 : les enquêteurs veulent vérifier s’il a profité de ses anciennes fonctions pour acquérir des terrains relevant du domaine public.

Cette destruction « ne peut être l’œuvre d’un seul individu »

 

Cette arrestation est par ailleurs loin de clore les débats suscités depuis une semaine par la classe politique.

Dans l’opposition, plusieurs partis estiment que Jacques Brou n’est, en fait, qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste : le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) de Charles Blé Goudé, ou encore le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam, disent qu’il faut s’intéresser à toute la chaîne de décision qui a permis ces destructions.

« Une opération de démolition encadrée par la police, impliquant des engins lourds, des équipes organisées, des interventions répétées sur le terrain et des destructions à grande échelle, ne peut raisonnablement être l’œuvre d’un seul individu », affirme Geneviève Manouan, la secrétaire exécutive en chef adjoint au PDCI. « Qui a financé ces opérations ? Qui a mobilisé les moyens matériels ? Quels agents de l’administration ont été informés ? », s’interroge cette responsable du PDCI.

« Le gouvernement ne tolèrera aucun abus », assure de son côté Mamadou Touré, le ministre porte-parole adjoint du gouvernement, sur RFI. « Là où il y a abus, il y aura responsabilité », poursuit cette source, interpellée au sujet de l’appui des forces de l’ordre dans cette opération de destruction de ce quartier de Koumassi.

 

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