Après une discussion dans un taxi clandestin à Conakry : Un homme jugé pour «tentative de trouble à l’ordre public»

Afrique

À Conakry, une audience particulière doit se tenir ce mercredi 16 septembre. Interpellé le 1er septembre, Seydouba Soumah est soupçonné de « tentative de trouble à l’ordre public » à la suite d’une discussion informelle tenue dans un taxi clandestin. Le jeune homme et le chauffeur auraient évoqué de possibles tensions dans le pays dans les prochaines semaines. Présent dans le véhicule, un policier en civil a alors demandé leur arrestation à un point de contrôle. L’audience devant le tribunal de première instance de Kaloum sera scrutée de près par les défenseurs des droits de l’homme, qui s’inquiètent d’une restriction des libertés publiques.

Pour la presse locale guinéenne, l’affaire est « rocambolesque ». Les faits, qui remontent au 1ᵉʳ septembre, ont été relatés par les différents protagonistes lors d’une première audience, le 9 septembre. À la barre, le policier présent dans le véhicule a affirmé que le chauffeur du taxi clandestin avait évoqué de possibles affrontements en octobre et en novembre.

Le client assis à ses côtés, Seydouba Soumah, aurait alors simplement répliqué : « J’ai aussi entendu parler de ça. » Le policier a indiqué au juge n’avoir fait que son devoir, estimant que cette affaire « touchait directement l’État ». Le chauffeur ayant pris la fuite, Seydouba Soumah s’est retrouvé seul face aux magistrats. Il a rejeté les accusations et affirmé n’avoir jamais tenu de propos relatifs à d’éventuels affrontements.

Jugeant l’affaire « complexe », le procureur a demandé l’ouverture d’une information judiciaire, notamment afin d’interpeller et d’entendre le chauffeur. Il a également demandé le maintien en détention de Seydouba Soumah. Une demande acceptée par le juge, qui a renvoyé l’affaire.

Le dossier doit donc de nouveau être examiné ce mercredi devant le tribunal de première instance de Kaloum. Une audience suivie de près par des acteurs de la société civile joints par RFI, qui voient dans cette affaire une « nouvelle restriction de l’espace public ».

 

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