(2 minutes de standing ovation pour célébrer l’homme qui a tout donné pour sa ville)
Messe, prières, chants et danses. Le Président des Sages de la ville a reçu hier, dimanche 8 novembre 2026, un hommage à la mesure de son parcours, entouré de ses proches, des fidèles et du Vice-président du Sénat, Louis Vlavonou.
Il y a des anniversaires que l’on fête en famille, et d’autres que toute une ville s’approprie. Celui du Patriarche Karim Urbain da Silva appartient à la seconde catégorie. À l’occasion de son centenaire, l’Église Famille de Dieu de Porto-Novo lui a offert une messe d’action de grâce, hier dimanche 8 novembre 2026, à l’aumônerie du Camp, dans la paroisse Sainte-Geneviève du Camp 2. Parents, amis et fidèles étaient au rendez-vous, rejoints par le Vice-président du Sénat, Louis Vlavonou.
La messe a été présidée par le Père Axel Chékété, aumônier militaire, et concélébrée par le Frère Maurice Yélomè. Si l’assistance était aussi nombreuse, c’est que le Patriarche compte bien au-delà de son cercle familial. Dans sa ville, dans sa communauté comme parmi les différentes confessions religieuses, il est reconnu comme un homme de paix et de sagesse, capable de rassembler.
Ce rôle, le Président des Sages de Porto-Novo l’a aussi construit par ses actes. Il a pris une part importante dans l’édification de plusieurs églises et n’a jamais cessé de soutenir les œuvres de charité. C’est donc tout naturellement que ses proches et sa communauté ont voulu le remercier à travers cette célébration.
Deux minutes d’ovation, des larmes et un chant
Le moment le plus fort est arrivé dès l’ouverture de la messe. Au début de la célébration, le prêtre a annoncé à l’assemblée que le Patriarche venait d’avoir cent ans. Il n’en a pas fallu davantage. Toute l’assistance s’est levée d’un seul élan pour l’applaudir, pendant deux longues minutes, dans une émotion palpable.
Puis la chorale a entonné « Joyeux anniversaire », aussitôt repris par toute l’église. Voix mêlées, mains qui battent la mesure, regards embués. Le moment était à la fois solennel et d’une rare intensité, de ceux qui marquent une assemblée pour longtemps.
Très ému, le Patriarche n’a pas prononcé un mot. Il a simplement salué de la main toute l’église, en signe de remerciement pour cet honneur et ce bel hommage. Ce geste, d’une grande simplicité, a ajouté à l’émotion générale et donné à la messe une tonalité singulière dès ses premiers instants.
« La vie se célèbre, la vie se respecte »
Cette phrase du Père Chékété a prolongé l’esprit de ce début de célébration. Pour lui, atteindre un siècle d’existence est une grâce qu’il faut accueillir avec reconnaissance. Il a donc souhaité au Patriarche santé, joie et union avec Dieu, afin que le Seigneur continue de le bénir et de le garder. Ces intentions, il les a présentées au Père céleste, en même temps que celles des fidèles.
L’homélie s’appuyait sur la parabole des dix vierges, lue ce jour-là dans l’Évangile. Le prêtre y a trouvé un message simple, rester prévoyant dans le Seigneur. Même si Dieu semble parfois tarder, il ne faut pas se décourager, mais entretenir sa foi et espérer davantage en son Royaume qu’en la réussite de ce monde.
Il a poursuivi en rappelant que, le Christ étant mort et ressuscité, ceux qui se sont endormis dans la foi ne sont pas perdus. La mort, pour le croyant, ouvre sur l’espérance de la résurrection. Et comme novembre est le mois des défunts, il a invité l’assemblée à ne pas oublier ceux qui sont partis, en les accompagnant par la prière dans l’attente de la grâce et de la miséricorde de Dieu.
Au fond, a-t-il résumé, le chrétien ne vit pas seulement pour les succès d’ici-bas. Il prépare, jour après jour, sa rencontre avec Dieu.
Après ce temps de recueillement, une tout autre atmosphère attendait le Patriarche à la sortie de l’église. Le groupe Bouriyan l’y a accueilli par des chants et des danses, créant la surprise et donnant à cette action de grâce une couleur très particulière.
L’ambiance est alors montée d’un cran. Raccompagné vers son véhicule dans une ambiance des grands jours, le Patriarche s’est laissé gagner par l’enthousiasme général. Il a fait un bond au milieu de la foule et esquissé quelques pas de danse, sous les applaudissements des siens.
Une fin de cérémonie chaleureuse
La messe s’est conclue sur cette note joyeuse, avec de chaleureuses accolades des prêtres célébrants, du Vice-président du Sénat et de son épouse, ainsi que de plusieurs autres personnes venues saluer le centenaire.
Hier, Porto-Novo a ainsi dit sa reconnaissance à un homme qu’elle aime, et qui le lui rend bien. Entre les larmes de l’ovation et les éclats de rire de la sortie, la ville a offert à son Patriarche un centenaire à la hauteur de son parcours.
Fréjus MASSIHOUNTON
A lire aussi:
Porto-Novo célèbre son patriarche, cent ans de paix et de reconnaissance