PDC4 d’Abomey-Calavi : Plus de 39 milliards de FCFA à mobiliser, un pari financier majeur

Actualités

Le Plan de développement communal 2025-2029 d’Abomey-Calavi chiffre à 39,0106 milliards de FCFA le coût de ses 72 actions. Mais le document reconnaît que la commune ne pourra pas supporter seule cette charge et mise sur une mobilisation rapide des financements nationaux et extérieurs.
‎
Pour mettre en œuvre ses quatre programmes, 18 axes opérationnels et 72 actions sur la période 2025-2029, la commune doit mobiliser au total 39,0106 milliards de FCFA, soit une moyenne annuelle de 7,80212 milliards de FCFA. La répartition des crédits montre clairement les priorités retenues. Le programme 2, consacré aux services sociaux communautaires et à l’autonomisation axée sur le genre, absorbe 17,539 milliards de FCFA, soit 44,96 % de l’enveloppe. Il est suivi du programme 4 sur l’aménagement et la gestion durable du cadre de vie, avec 10,2125 milliards de FCFA, soit 26,18 %. Le programme 3 consacré aux potentialités économiques reçoit 6,8741 milliards, tandis que le programme 1 consacré au management et à la mobilisation des ressources dispose de 4,385 milliards.
‎
‎Un calendrier pour la mobilisation
‎
‎Le calendrier financier prévu par le PDC4 traduit une volonté d’accélérer la mobilisation des ressources dès les premières années. Pour la première année, 1,9436 milliard de FCFA est prévu, soit 4,98 % du coût total. La deuxième année devrait connaître une forte progression avec 12,5644 milliards de FCFA, correspondant à 32,21 % de l’enveloppe. Les montants prévus pour les troisième, quatrième et cinquième années sont respectivement de 9,3266 milliards, 8,3406 milliards et 6,8354 milliards de FCFA.
‎
‎Cette programmation révèle cependant un enjeu central : la capacité réelle de mobilisation. Le document indique explicitement qu’Abomey-Calavi ne pourra pas financer seule l’ensemble du PDC4. Un plaidoyer doit donc être mené auprès du budget national et des partenaires. La stratégie repose également sur la recherche de partenariats et sur une meilleure identification, captation et dématérialisation des ressources financières.
‎
‎Au-delà de la recherche de financements, le PDC4 identifie plusieurs risques économiques susceptibles de compliquer son exécution. Il cite notamment l’insuffisance des ressources propres face à l’augmentation des besoins, les conflits d’intérêts dans la gouvernance économique locale et l’absence de cadre normatif sur l’économie sociale et solidaire. Pour y répondre, le document préconise notamment un plan de mobilisation des ressources locales, le recours aux partenariats public-privé, ainsi qu’un renforcement de la transparence et de la redevabilité.
‎
‎Le défi n’est lié uniquement pas au financement
‎
‎Le défi du PDC4 ne se limite toutefois pas à réunir les 39 milliards de FCFA. L’évaluation du précédent plan communal avait déjà relevé des insuffisances dans le suivi de l’exécution, la disponibilité des données, la programmation par année et par source de financement, ainsi que dans la mesure de la durabilité des actions.
‎
‎Pour éviter la répétition de ces difficultés, le nouveau plan prévoit un dispositif de suivi-évaluation articulé autour d’indicateurs de performance. L’objectif est de faire du PDC un véritable instrument de pilotage des plans de travail annuels, avec des revues régulières des résultats. Une base de données sectorielle et territoriale fiable, un système d’archivage et des outils numériques sont également présentés comme nécessaires.
‎
‎Le document identifie enfin cinq conditions majeures de réussite : des ressources suffisantes et diversifiées, une gestion rigoureuse et transparente, l’implication des acteurs, une bonne coordination des projets et un suivi-évaluation régulier. Il propose notamment la création d’une cellule autonome de veille stratégique sous l’autorité de la Secrétaire exécutive.
‎
‎Avec une population projetée à plus d’un million d’habitants en 2029 et des besoins croissants en infrastructures et services publics, la commune joue donc une partie importante de son avenir à travers ce PDC4. L’ambition est chiffrée ; le véritable enjeu sera désormais de transformer les 72 actions programmées en réalisations concrètes, financées, suivies et visibles pour les populations.
‎
‎
‎Aser ABALLO

 

A lire aussi:

Abomey-Calavi veut changer de dimension à l’horizon 2029