66 ans d'indépendance du Bénin :  « Nous avons fait un progrès formidable », dixit Prof. Jean-Pierre Ezin

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À quelques jours de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin, le professeur Jean-Pierre Ezin, mathématicien, académicien et membre de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (ANSALB), livre une analyse sans complaisance du parcours du pays depuis 1960. Saluant les avancées réalisées sous les différents régimes, il estime que le Bénin est désormais capable de penser lui-même son développement, tout en accordant une place particulière au régime révolutionnaire, qu’il juge le plus enraciné dans les réalités nationales.

A l’approche de la fête nationale du 1ᵉʳ août 2026, les débats sur le chemin parcouru par le Bénin depuis son accession à la souveraineté internationale refont surface. Invité à apprécier les réalisations des différents régimes qui se sont succédé de 1960 à nos jours, le professeur Jean-Pierre Ezin porte un regard globalement positif sur l’évolution du pays.

Témoin direct des premières années de l’indépendance, puisqu’il était élève en classe de troisième en 1960, l’universitaire affirme mesurer pleinement les transformations intervenues en plus de six décennies.

«Quand je vois ce qui s’est passé de 1960 à ce jour, je trouve qu’on a fait un progrès formidable », déclare-t-il. Pour lui, le principal acquis réside dans la capacité du Bénin à définir lui-même ses priorités et à concevoir ses propres solutions. « Nous sommes plus indépendants. Nous pouvons penser nous-mêmes nos problèmes. Nous pouvons le faire. Qu’on ne le fasse pas, ce n’est pas de la faute des autres, c’est de notre faute », insiste-t-il, estimant que les responsabilités du développement reposent désormais avant tout sur les Béninois eux-mêmes.

‎Interrogé sur le régime qui l’a le plus marqué depuis l’indépendance, l’ académicien répond sans détour. À ses yeux, c’est le régime révolutionnaire, d’inspiration socialiste, qui s’est le mieux enraciné dans les fondements du pays.

‎Selon lui, les dirigeants de cette époque avaient pour ambition d’ancrer le développement dans les valeurs, les réalités et les références culturelles béninoises. « Ceux qui dirigeaient le pays en ce moment avaient le souci de plonger notre développement dans nos racines, de partir de nos racines pour nous développer », souligne-t-il, tout en précisant que la notion même de développement mérite d’être constamment interrogée et redéfinie.

‎Ce développement est pris aussi en main par les autres dirigeants, passant par l’ère Soglo, Yayi et Talon.

A travers cette lecture de l’histoire nationale, le professeur Jean-Pierre Ezin met en évidence les acquis engrangés par le Bénin depuis 1960, tout en invitant à poursuivre la réflexion sur les modèles de développement les mieux adaptés aux réalités du pays.

A. ABALLO

 

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