Medjico pleure la mort de son « cher Papa »

Politique

Le général Mathieu Kérékou est mort mercredi 14 octobre à l’âge de 82 ans. Le chef de l’Etat, Thomas Boni Yayi, qui annoncé la nouvelle a aussitôt décrété sept jours de deuil national, avec la mise en berne des drapeaux. Lucien Medjico, Président des Jeunes Turcs de la République, très consterné pleure son « cher papa ».

« Repose en paix cher papa Puisse ton œuvre inspirer d’abord les chefs d’Etats africains, ensuite les jeunes et ceux qui aspirent briguer la magistrature suprême ». C’est par ces propos que Lucien Medjico nous a accueillis quand nous l’avons joint au téléphone. Selon ses propos, « Papa Kérékou » demeure un exemple très rare et l’héritage est inestimable. La mort du général Mathieu Kérékou créé un vide, dit-il. C’est un grand patriote qui vient de nous quitter alors que nous avons encore besoin de ses conseils, de son humour, renchérit Medjico.

Lucien Medjico se rappelle des conseils de Kérékou comme c’était hier. « Il nous a appris à garder le silence avant toute réaction et à aimer notre patrie. Kérékou est un grand patriote », affirme –t-il. Il n’a pas oublié la rencontre du général avec les jeunes, des jeunes que lui Lucien Medjico a conduit au Palais de la Marina, dans la grande salle du peuple pour échanger.
Lucien Medjico fait partie de ceux qui ont défendu bec et oncle la révision de la Constitution au temps de Kérékou. Mais els choses sont restées en l’état et la nécessité de la révision de la loi fondamentale se fait toujours sentir, dit-il.
« Le général Kérékou est celui qui nous a appris à faire la politique », dit Lucien Medjico. A la jeune génération, il leur demande d’apprendre du général son humilité, son sang froid et son sens de patriotisme.
« Mathieu Kérékou nous a sauvé en ouvrant pour l’Afrique francophone la voie de la démocratie, souligne Lucien Medjico. Il souhaite qu’un hommage mérité soit rendu à son « cher papa » et demande qu’il soit immortalisé.
Parlant de son inhumation, Lucien Medjico invite les Béninois et surtout les jeunes à sortir massivement accompagner le général à sa dernière demeure sur terre. Mais pour lui, son cher papa n’est pas mort, il est immortel », dit-il. Bien sur à travers ses œuvres.

Pour votre gouverne, Mathieu Kérékou, était surnommé par la Presse béninoise affectueusement le « Kaméléon ». Il porte d’ailleurs bien son nom (Chaad signifiant dans sa langue maternelle caméléon). Il a dirigé le Bénin a deux reprises de 1972 à 1990 et de 1996 à 2006. Il arrive au pouvoir la première fois par un putsch militaire et impose, deux ans plus tard, le marxisme-léninisme à son pays.
. A la fin des années 1980, le « Kaméléon » est confronté à une importante vague de contestations sociales dans le pays. Ce qui le pousse à mettre fin au parti unique et à convoquer une conférence nationale souveraine en février 1990. Après ce conclave national, une élection multipartite est organisée en 1991 et remportée par Nicéphore Soglo. Mathieu Kérékou revient au pouvoir par les voies des urnes en 1996 et se fera réélire en 2001 pour un deuxième mandat de cinq ans.