“Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans”

Politique

« Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans. Je n’en ai pas besoin ». C’est cet extrait de l’entretien du professeur Albert Tévoédjrè avec une équipe de la rédaction de « L’Evénement Précis » qui vient démentir toutes les intentons prêtées à l’homme au sujet d’une quelconque opposition politique en préparation contre le régime du Président Patrice Talon. Selon ses propos, l’initiative d’échange avec certaines personnalités du monde politique, social et économique béninois réside dans la démarche de l’ancien médiateur de la république de rechercher un « carrefour en vue de se concentrer sur la volonté du peuple de sortir de la misère ».

Après l’ancien président de la république, Nicéphore Soglo et l’ex-ministre Candide Azannaî, le Prof Albert Tévoédjrè a reçu à son domicile ce mercredi, deux autres personnalités pour échanger avec elles sur des questions d’ordre social. Lire l’entretien.


Prof Albert Tévoédjrè :
« Ce matin j’ai eu l’honneur d’avoir deux visites importantes chez moi, celle du Médiateur de la république et celle du Président du Conseil économique et social. Nous avons échangé sur la situation sociale. Nous savons très bien que tout le monde souhaite qu’une attention plus grande soit portée à l’éradication de la pauvreté. On ne peut pas faire cela sans qu’il y ait des personnalités, des institutions qui s’intéressent vraiment à ce problème. J’ai donc eu la chance ce matin de parler avec le Médiateur de la république et avec le Président du Conseil économique et sociale et je suis persuadé que leur intelligence, leur structure sont en mesure également de contribuer à ce qu’on puisse concerter pour l’éradication de la pauvreté dans une coordination nationale de grande valeur. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu échangé avec eux. Et je crois que j’ai été très bien compris. Nous continuerons les discussions. Car, il faut arriver dans un climat apaisé en dehors de toutes polémiques politiciennes, à ce que des personnalités comme Nicéphore Soglo et d’autres du monde politique arrivent aussi à mettre de côté les problèmes qui vont nous diviser et à se concentrer sur la volonté du peuple de sortir de la misère. C’est ça la priorité ! Le président Soglo l’a dit, je l’ai dit et d’autres l’ont dit. Et je pense que nous devons arriver à trouver un moyen de créer là, un carrefour qui permet toutes tendances confondues de nous retrouver et de régler par-là, les milliers de problèmes qui peuvent nous préoccuper. (…)

Nous avons œuvré pour l’arrivée du président et nous voulons qu’il réussisse. Maintenant, nous sommes des hommes libres et responsables. Quand nous voyons des choses qui peuvent se faire autrement, nous le disons. C’est tout. Je suis ouvert à tout le monde. J’ai demandé à voir tout le monde, mais j’ai choisi d’aller vers le concret, vers le social. Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans. Je n’en ai pas besoin. Je ne veux tirer rien de là. Je veux tirer la paix par un autre chemin. Le chemin du dialogue inter religieux et interculturel, porteur des projets conjoints des religions pour le développement, porteur des projets conjoints de la société civile pour le développement. C’est ça que je veux. Et quand on fait ça, tous les autres problèmes seront résolus. Le reste, il y a des jeux politiques qui doivent se faire normalement. Me mettre dans un combat inutile, c’est fini. A 88 ans, je n’en ai pas besoin. Dites-leur ça fortement ! ».

Propos recueillis : Germain DJIMIDO (l’événement précis)