À neuf jours du premier tour de la présidentielle, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva frappe fort contre les paris en ligne. Une mesure provisoire signée vendredi 25 septembre interdit désormais l’exploitation, la publicité et l’intermédiation des paris à cote fixe et des jeux en ligne.
Le marché brésilien des paris en ligne connaît un brutal coup d’arrêt. La mesure signée par Lula prend effet immédiatement : depuis le 25 septembre, les plateformes concernées ne peuvent plus accepter de nouveaux dépôts. Les joueurs ont jusqu’au 5 octobre à 23h59 pour retirer volontairement leurs soldes. Dès le 6 octobre, les sites et applications devront être mis hors ligne.
Les opérateurs devront ensuite transmettre aux banques, les 7 et 8 octobre, les soldes restant sur les comptes des utilisateurs. Le remboursement est prévu entre le 9 et le 14 octobre. En cas de difficulté, la Caixa Econômica Federal pourra intervenir.
Lula dénonce un « cancer »
Pour justifier cette décision, le président brésilien met en avant les conséquences sociales de l’addiction aux paris et l’endettement des familles. Il a qualifié le phénomène de « cancer » et défendu une mesure « dure et drastique ».
Selon une étude du Comsefaz réalisée avec le Centre international Celso Furtado, les ménages brésiliens auraient enregistré 62,5 milliards de pertes nettes liées aux paris en 2025. Ce chiffre correspond à l’écart entre les sommes engagées par les joueurs et les gains reversés, et non au montant total des dépôts.
Le gouvernement entend également renforcer la lutte contre les plateformes illégales, notamment par le blocage des sites, la suppression des applications et la restriction de leurs moyens de paiement.
Un marché légal désormais menacé
Cette décision marque un important changement de cap. Les paris sportifs avaient été légalisés au Brésil en 2018, avant qu’une loi adoptée en 2023 n’élargisse le dispositif aux jeux en ligne. Depuis janvier 2025, seules les entreprises autorisées par le ministère des Finances pouvaient exercer légalement à l’échelle nationale.
Le secteur du football est directement exposé. Les sociétés de paris sont devenues des sponsors majeurs des clubs brésiliens de Série A. La fin de ces partenariats pourrait donc entraîner d’importantes pertes de revenus pour plusieurs équipes.
La mesure de Lula reste toutefois provisoire. Elle doit être examinée par le Congrès dans un délai de 120 jours pour être transformée en loi. À défaut, elle cessera de produire ses effets.
Aser ABALLO