Prolongation du mandat du Président Patrice Talon et Parrainages des candidats : L’He Richard Allossohoun explique la pertinence des réformes

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(L’objectif visé par cette prolongation a-t-il ajouté, est l’alignement des mandats à l’horizon 2026. L’autre objectif poursuivi toujours par cette prolongation,)

A quelques mois des présidentielles, le mercure monte au sein de la classe politique béninoise. La pomme de discorde est non seulement le système de parrainage introduit dans la constitution du 11 décembre 1990 qui a connu des amendements en 2019, mais aussi, la prolongation du mandat de l’actuel locataire de la Marina. Si cette réforme fait l’unanimité au sein de la mouvance présidentielle, pour l’opposition, elle sonne comme une manœuvre visant à l’exclure des élections présidentielles à venir, comme ce fut le cas pour les législatives et communales passées. Pour débattre de la question, Zone Franche a reçu ce dimanche soir l’honorable Richard Allossohoun, député de l’Union Progressiste.

Le parrainage et la prolongation du mandat du Président Patrice Talon sont les deux sujets brûlants de l’actualité politique au Bénin. La sortie du député Allossohoun intervient au lendemain de la récente décision de la Cour Constitutionnelle qui se déclare incompétente sur la question du parrainage suite à sa saisine. Cette décision  explique le député Allossohoun, est une suite logique à la décision de la Cour qui a déclaré la loi portant révision de la constitution de 1990 conforme à la constitution. A l’en croire, aucune institution de la République ne peut se substituer au pouvoir constituant qu’est le parlement. S’appuyant sur l’article 4 de la constitution béninoise qui dit « le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus et par voie de référendum son déterminées par la présente constitution et par une loi organique », le député de la 8ème législature a laissé entendre que c’est conformément à cette disposition que le parlement a légiféré.

Parlant de cette prolongation du mandat du président de la République, l’He Richard Allossohoun a fait savoir que c’est le pouvoir constituant qui a obligé Patrice Talon à rester, et qu’il est obligé de respecter cette décision au risque d’être poursuivi pour parjure. L’objectif visé par cette prolongation a-t-il ajouté, est l’alignement des mandats à l’horizon 2026. L’autre objectif poursuivi toujours par cette prolongation, c’est le souci de se concentrer davantage sur le développement du Bénin, au lieu d’être tout le temps en période électorale ce qui ne fait pas avancer le pays. Sur la question du consensus qui n’a pas été obtenu avant la révision de la constitution, l’invité de Zone Franche laisse entendre que le consensus n’est pas un thème technique de droit, mais plutôt un thème politique sur lequel on s’accorde pour trouver le juste milieu des choses. Quand l’impératif constitutionnel voit le jour a-t-il affirmé, le consensus disparaît.

Selon l’He Allossohoun, le Bénin n’a pas deux constitutions comme beaucoup le font croire. Le Bénin, a-t-il clarifié, dispose d’une seule constitution, celle de 1990 qui a été révisée en 2019.

 

Quid du parrainage ?

Sur la question du parrainage, l’invité de zone franche a démontré que c’est la nouvelle configuration du parlement et des conseils communaux qui alimente la polémique. A l’entendre, il s’agit d’un parlement de transition et les parlementaires n’auront d’autres choix que de parrainer des candidats, même ceux de l’opposition qui présentent des projets de société convaincants. « Jusque-là, aucun candidat n’est allé me voir pour avoir mon parrainage. La compétition aura lieu. Le chef de l’État l’a dit lors de sa tournée. Les candidats sont libres d’aller vers qui peut les parrainer. La seule chose qui ne pourra convaincre, c’est le projet de société de ce dernier face à mon candidat que je soutiens. Je peux le parrainer sans pour autant faire campagne pour lui car il a son parti politique. Dans le contexte actuellement nous ne pouvons que soutenir tous ceux qui souhaitent être candidat », souligne-t-il. Il en profite et lance quelques pics à l’opposition : « Les aspirants candidats de l’opposition ont chanté tout le temps qu’ils ont le peuple avec eux. Nous les parrainerons afin qu’ils aillent convaincre les électeurs mais ils n’auront pas forcément notre soutien », a-t-il  au cours de l’émission.

Revenant sur la demande  du constitutionnaliste Joël AIVO qui réclame un débat contradictoire avec un technicien du droit de la mouvance, Richard Allossohoun  estime que la question du parrainage est une question banale qui n’a pas besoin d’un juriste de haut rang.

En descendant sur le terrain politique dit-il, AIVO est sorti de sa zone de confort constitutionnel. Dès lors, dira-t-il, le débat ne peut se faire qu’avec un politique et non un technicien. La demande du constitutionnaliste AIVO qui voudrait qu’on aille chercher un juriste de haut rang dans les soutiens du régime actuel pour un débat contradictoire  selon le député de la 8ème législature est dénudée de toute  humilité. Lorsqu’on aspire à la magistrature suprême on va à l’école de l’humilité ; a-t-il conseillé. A défaut d’un débat contradictoire, il invite Professeur AIVO à venir éclairer le peuple sur la question.

 

Fréjus MASSIHOUNTON

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