Procès Dangnivo : Les vraies raisons des réquisitions prises contre Codjo Alofa et Donatien Amoussou

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Après seize années d’une affaire qui continue de passionner l’opinion publique, le ministère public a livré, mercredi 15 juillet 2026, un réquisitoire particulièrement sévère dans le procès de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo. Estimant que les éléments du dossier établissent la participation de Codjo Cossi Alofa au crime, le procureur a requis une requalification des faits, 30 ans de réclusion criminelle ainsi que 150 millions de FCFA de dommages et intérêts. En revanche, il a demandé l’abandon des poursuites pour complicité d’assassinat contre Donatien Amoussou, faute de preuves suffisantes. Il est retenu contre lui, 5 ans de prison et 2,4 millions de francs d’amende pour trafic d’armes et escroquerie.

Réuni ce mercredi 15 juillet 2026, le Tribunal de première instance de Cotonou a franchi une étape majeure dans le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, ancien cadre du ministère de l’Économie et des Finances, porté disparu en août 2010. Lors de ses réquisitions, le procureur de la République a exposé les raisons qui, selon lui, justifient la condamnation de Codjo Cossi Alofa tout en sollicitant une requalification des infractions retenues contre les deux accusés.


‎Alofa présenté comme un acteur-clé du crime

‎Le ministère public a demandé à la Cour de requalifier les faits d’assassinat reprochés à Codjo Cossi Alofa en complicité d’assassinat. Selon le procureur, les éléments du dossier montrent que le principal accusé connaissait bien Pierre Urbain Dangnivo, contrairement à ses déclarations répétées devant la justice. Les relevés téléphoniques versés au dossier attesteraient en effet de plusieurs échanges entre les deux hommes.

Le magistrat a également insisté sur le fait que la mort de Pierre Urbain Dangnivo ne fait plus de doute au regard des éléments judiciaires disponibles, les restes humains attribués à la victime étant placés sous scellés. Toutefois, le parquet estime qu’Alofa n’est probablement pas celui qui a matériellement donné la mort à Dangnivo. Selon sa thèse, il aurait plutôt joué un rôle déterminant en livrant la victime à deux individus identifiés comme Paul, dit « Ibo », et Akon, considérés comme les auteurs directs de l’assassinat. Le procureur soutient que Dangnivo aurait été violemment battu à mort par ces derniers en présence d’Alofa.


Le mobile : l’appât du gain

Pour le ministère public, le mobile du crime réside dans la recherche d’un avantage financier. Le procureur estime que Codjo Cossi Alofa aurait agi par « appât du gain », cherchant à tirer profit de plusieurs protagonistes de cette affaire, notamment Paul dit Ibo, Akon, certains officiers de police judiciaire chargés des investigations ainsi que ses propres geôliers.

Au regard de ces éléments, le parquet a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle contre Codjo Cossi Alofa. Il a également demandé que celui-ci soit condamné à verser 150 millions de francs CFA à la famille Dangnivo, constituée partie civile, à titre de dommages et intérêts.


‎Donatien Amoussou blanchi du chef de complicité d’assassinat

S’agissant de Donatien Amoussou, le ministère public a rappelé ses antécédents judiciaires, évoquant notamment son implication passée dans une affaire de trafic d’armes ainsi que dans un dossier de détournement d’un camion de convoyage de fonds après son départ de l’armée.

Cependant, le procureur a reconnu que les débats n’ont révélé aucun élément objectif établissant un lien entre Donatien Amoussou et la mort de Pierre Urbain Dangnivo. En conséquence, il a demandé à la Cour d’écarter les poursuites pour complicité d’assassinat à son encontre.

Le parquet estime néanmoins que le coaccusé s’est rendu coupable d’une escroquerie portant sur la somme de 500 000 francs CFA au préjudice du colonel Koumassegbo sous prétexte qu’il serait utile dans l’affaire. C’est sur cette seule infraction que le ministère public a fondé ses réquisitions contre lui.

‎Le ministère public a demandé la requalification des faits de « complicité d’assassinat » en « escroquerie ». Pour la répression de ces faits d’escroquerie, le procureur demande à la Cour de condamner Donatien Amoussou à 60 mois de prison ferme et à 2,4 millions de FCFA d’amende.


‎A. ABALLO

 

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