JRIF 2026 à Sèmé-Podji : Les forces de défense et de sécurité mobilisées autour de Georges Alé pour un Bénin plus vert

Société

La forêt classée de Sèmè-Podji a servi de cadre, ce mercredi 10 juin 2026, à la célébration de la 15e édition de la Journée de Reboisement Inter-Forces (JRIF 2026). Placée sous le thème « Forces de défense et de sécurité mobilisées pour un avenir écologique et durable de nos enfants », la cérémonie a réuni autorités politico-administratives, hauts gradés militaires et représentants des eaux et forêts autour d’un engagement commun : faire de la protection de l’environnement un pilier de la sécurité nationale.

 

Des milliers de cocotiers ont été mis en terre ce mercredi à la forêt classée de Sèmè-Podji. Les forces de défense et de sécurité et les autorités administratives mobilisées pour la circonstance pour un avenir écologique durable.
Présidant la cérémonie, le ministre du Cadre de Vie et des Transports chargé du Développement durable, Georges Alè, a rappelé la genèse de cette initiative lancée en 2012 et pilotée par la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasses. Saluant une « mutation stratégique majeure », il a souligné que les forces de défense et de sécurité ont pleinement pris le leadership de la cause environnementale.

« Un sol qui meurt, c’est une population qui migre. Une forêt que l’on détruit, c’est l’avenir de notre jeunesse que l’on sacrifie », a martelé le ministre. Face au dérèglement climatique, à la déforestation et à la désertification, qualifiés de « menaces directes pour notre stabilité nationale », Georges Alè a appelé à la cohésion et à la prévision. Il a mis en lumière le bilan des dix dernières années : plus de 350 hectares et 150 mètres linéaires reboisés, avec plus de 500 000 plants d’espèces variées comme le caïlcédrat, le teck, l’acacia, le cocotier, le manguier et l’anacardier. La caserne militaire moderne de Dêssa à Allada et la restauration du littoral par des cocotiers figurent parmi les réalisations emblématiques.

Pour encourager l’émulation, le ministère a instauré cette année la distinction des « casernes les plus vertes ». Le ministre a rendu un hommage appuyé aux soldats tombés sur les théâtres d’opération, rappelant que « la sécurité n’est pas durable si elle ne garantit pas aux générations futures le droit de respirer un air pur et de cultiver une terre fertile ».

L’Ouémé à l’honneur

Hôte de la manifestation nationale, la préfète du département de l’Ouémé, Marie Akpotrossou, s’est dite honorée par le choix de Sèmè-Podji. Elle a salué une journée « devenue un rendez-vous républicain incontournable » qui prouve que la protection de la patrie englobe la sauvegarde du patrimoine naturel.

« Vous démontrez que l’uniforme se porte aussi pour servir et protéger la terre qui nous a vu naître », a-t-elle lancé aux forces présentes : armée, police, douanes, eaux et forêts. Pour la préfète, chaque arbre planté est « un bouclier contre l’avancée du désert et les effets néfastes des changements climatiques ». Elle a insisté sur la nécessité d’entretenir les plants mis en terre pour faire de la forêt classée de Sèmè-Podji « un véritable poumon » et une réponse à l’érosion côtière qui menace les habitations.

L’engagement réaffirmé des armées

Représentant le chef d’état-major général, le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Avocanh William, a réaffirmé l’engagement des forces armées béninoises. « La sécurité d’une nation ne se limite pas à la défense de son territoire. Elle repose également sur la protection durable des ressources naturelles qui conditionnent le bien-être des populations », a-t-il déclaré.

Évoquant les menaces multiformes pesant sur les espaces forestiers du nord du Bénin, il a indiqué que « les missions régaliennes des forces de défense et de sécurité s’étendent à la préservation et à la sécurisation des écosystèmes ». Lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, c’est « contribuer à la stabilité du pays et garantir aux générations futures l’accès aux richesses naturelles, fondement de notre souveraineté ».

 

Un héritage pour demain

Au-delà des discours, la JRIF 2026 a donné lieu à une vaste opération de plantation dans la forêt classée de Sèmè-Podji. L’ensemble des intervenants a convergé vers un message : reboiser n’est pas qu’une statistique de rapport d’activité. C’est un acte d’espoir, un investissement pour l’avenir.

Comme l’a résumé le général Avocanh William : « Plantons aujourd’hui pour protéger demain. Préservons aujourd’hui pour transmettre demain. » Une exhortation qui inscrit l’action des forces de défense et de sécurité dans la vision « Bénin 2060 à l’Asiatique, un monde de soin d’œuvre » portée par le Président de la République, Patrice Talon.

La 15e édition s’est achevée sur une note d’unité, avec la promesse d’une compétition encore plus rude en 2027 pour le titre de « caserne la plus verte », comme l’a annoncé avec humour le ministre Georges Alè.

 

Boniface KABLA

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