MEMP/ Annulation du concours  probatoire du CAFCP : Le SG Thierry Dovonou apprécie et félicite le président Talon

Opinions

Suite à l’annulation du concours  probatoire du CAFCP,  le SG  Thierry Dovonou présente ses sincères félicitations au président Talon pour sa détermination à éradiquer la mafia de l’organisation des concours de recrutement dans la fonction publique. Lire son opinion.

N°002/10-01-2021

Après le concours frauduleux de la douane annulé en 2016, le concours des inspecteurs de l’enseignement secondaire annulé en 2019, le concours des auditeurs de justice annulé en 2020, voici un autre concours frauduleux: celui des conseillers pédagogiques des enseignements maternel et primaire. Comme les autres concours entachés de fraude, celui-ci vient d’être annulé en ce mois de janvier 2021.

En effet,  *par décision n° 010/MEMP/DC/SGM/CTJ/DAF/DEC/SP du 8 janvier 2021*, le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, M. Salimane KARIMOU, a procédé purement et simplement à *l’annulation du concours probatoire du Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Conseiller Pédagogique (CAFCP) de la session d’octobre 2020* puis a instruit par la même décision l’inspecteur Général du Ministère (IGM) de faire toute la lumière sur le dossier afin que toutes les responsabilités en soient clairement situées.

Mais, va-t-on  vraiment laisser l’IGM, ce cadre très compétent, faire son travail? Quelles responsabilités veut-on situer? C’est aujourd’hui que les cadres du MEMP ne savent pas *comment les concours frauduleux s’organisent dans nos ministères ? De qui veut-on se moquer?*

Dans l’intervalle de deux ans, pour des raisons de fraude avérée, deux concours viennent d’être annulés dans le secteur de l’éducation au Bénin. Quelle honte! Quel déshonneur pour un pays jadis qualifié de Quartier Latin de l’Afrique! C’est maintenant que le ministre et ses collaborateurs veulent-ils savoir si les succès aux concours d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques ont un caractère vénal et frauduleux? Eh bien, nous allons les y aider.

Certes, nous reconnaissons que d’honnêtes gens réussissent à ces concours sans fraude, mais il existe aussi des notes financièrement et sexuellement transmissibles dans le traitement des résultats des concours organisés par nos ministères de l’Éducation.

Certaines personnes félicitent déjà le Ministre pour avoir annulé le concours. Mais, dites-nous quel est son mérite ?

*Historique :*

En 2003-2004, il y avait eu une fraude massive au concours probatoire du Certificat d’Aptitude à l’Inspectorat du Primaire (CAIP). Beaucoup de barons d’aujourd’hui et d’hier ont profité de cette fraude qui avait pris plusieurs formes.

?? Vente d’épreuves et de corrigés-types.

Cette pagaille avait conduit l’autorité ministérielle à interdire les travaux dirigés préparatoires de ces concours. Des gens ont été démis de leurs fonctions.

??  » Droit de cuissage » massif sur des candidates. Un ministre avait dit à cette occasion:<< Moi, je signe et eux, ils tirent des coups>>. Quelle immoralité ! Certaines femmes s’étaient livrées pour faciliter leur admission aux concours ou celle de leurs parentes.

?? Gombodistribution (entre 500.000F et 800.000F) aux gombophages.

En définitive, il n’est nullement excessif d’affirmer qu’il n’y a pas de concours de recrutement d’élèves-inspecteurs ou de conseillers pédagogiques sans fraude au Bénin. Donc, le modus operendi est connu et bien rodé.

En 2010, il y avait eu fraude massive au primaire et au secondaire. Votre serviteur était au cœur de la dénonciation et les journaux en avaient parlé. Il détient encore de documents de preuves avec lui. Mais on l’avait traité de fou. Huit ans après, on l’a même traduit en conseil de discipline pour avoir dénoncé des fraudeurs, et en justice pour « diffamation ». Il a gagné les deux procès.

*C’est aujourd’hui qu’on veut nous parler de courage et de transparence? Il ne faut pas nous <<blaguer>>, pour parler comme les Ivoiriens*. Les mêmes qui sont aux commandes aujourd’hui étaient là, sauf le Président Patrice TALON. C’est donc le Président qu’on doit plutôt féliciter. En réalité, le ministre n’a  aucun mérite dans cette annulation du concours de CAFCP de 2020. C’est M. TALON qui en a tout le mérite.

Le Président TALON nous impressionne par sa cohérence indéfectible. *Pour nous prouver que beaucoup de Béninois reçoivent des diplômes et des titres  de complaisance,* il annule tous les concours frauduleux. À cet effet, nous lui adressons nos sincères félicitations et nos encouragements cordiaux.

 

Pour faire obstruction à la justice qui entrera sûrement en action, certaines personnes intimident déjà les dénonciateurs sur les réseaux sociaux.

Avec M. Talon, l’heure de la vérité a enfin sonné. Les jeunes soutiennent fortement ce PRÉSIDENT qui veut donner une égalité de chance à tous les Béninois aux examens et aux concours. L’annulation des concours frauduleux amènera ainsi les jeunes à vraiment travailler et à avoir confiance en eux.

Pour ce concours de CAFCP annulé par le gouvernement, et non par le ministre, quelques informations à vérifier filtrent.

Votre serviteur avait été approché il y a deux mois et informé par rapport aux manœuvres des fraudeurs. Il a gardé le silence pour approfondir ses investigations. Nous savons que Michel ADJAKA (le Magistrat qui se bat contre la fraude), Virgile AHOUANSÈ (le grand journaliste d’investigation),  Laurent MÈTOGNON et Thierry DOVONOU ( deux des plus courageux syndicalistes du Bénin) ont formé des disciples dans la dénonciation des fraudes.

Votre serviteur accumulait donc les informations, les vérifiait jusqu’à ce 8 janvier où la bonne décision est enfin prise par le gouvernement. Mais nous ne sommes pas encore au bout du tunnel. C’est pourquoi nous proposons notre aide à l’IGM.

*Informations et suggestion de pistes d’enquête pour l’IGM :*

?? Des gens (plaignants) ont soupçonné une fuite d’épreuves et de corrigés-types. Des enquêtes préliminaires auraient révélé une ou plusieurs copies conformes au corrigé-type.

?? Certains dénonciateurs seraient victimes d’arnaque : ils auraient donné le gombo mais ont échoué alors que ceux avec qui ils auraient remis le gombo sont admis.

??  Certaines intrigues laissent dire que la liste des correcteurs est aussi suspecte. En effet, la veille de la correction, la liste initiale de correction  aurait été brusquement changée et l’on affirmait que l’ordre de ce changement inhabituel serait intimé par le « haut ». Qui en sont les auteurs ? Pourquoi le « haut » a-t-il cautionné cette manipulation de listes correcteurs? Sur la liste initiale de correcteurs de ce concours de CAFCP, il y avait des inspecteurs du primaire comme du secondaire et des professeurs certifiés intègres que l’on ne pouvait soupçonner de cautionner des manœuvres de fraude. En conséquence, ils ont été tous remplacés si bien qu’on peut aujourd’hui estimer que la nouvelle liste est vraiment suspecte. L’IGM doit chercher retrouver les deux listes (l’initiale et la finale) et celui qu’on appelle le « haut ».

Pour le concours frauduleux des inspecteurs du secondaire, lorsque nous avions vu le fameux inspecteur correcteur de 80 ans,  nous avions douté de la qualité de la correction. Nous avions eu raison. Il y a des indices qui ne trompent pas.

Puisque le Ministre a demandé à l’IGM de faire des enquêtes, nous demandons, au nom du peuple béninois, qu’à l’issue des enquêtes annoncées, les résultats soient publiés. S’il s’avère qu’il y a gombodistribution et gombophagie, que les noms des gombophages et des gombodistributeurs soient aussi publiés et que les intéressés subissent les rigueurs de la loi. S’il y a eu de mauvais correcteurs et de vendeurs d’épreuves et de corrigés-types qu’ils soient sévèrement punis, si l’enquête confirme les soupçons des plaignants.

Puisque le ministre est aujourd’hui d’accord pour qu’on enquête sur les concours, qu’on fasse l’audit des concours de recrutement d’élèves-inspecteurs et d’élèves conseillers pédagogiques de 2003 à 2021. Ceci a pour objectif de redonner la crédibilité perdue au corps de contrôle.

Une question pour finir. Avec cette pagaille, avec des diplômes et titres de complaisance, peut-on avoir des cadres dignes et non soumis…? Unique réponse normale:

*Non. Ils seront toujours soumis à la volonté de ceux qui les ont aidés à avoir leurs diplômes ou leurs titres.*

Et pourtant, on en veut au Président TALON d’avoir courageusement dit que le Bénin est un pays de pagaille! Que veulent les Béninois ?

    SG Thierry DOVONOU,

*Un intellectuel insoumis*

 

Laisser un commentaire