Bénin  : Le renforcement du rôle des MPME au centre d’une réunion de la commission mixte du Parlement de la CEDEAO à Cotonou

Actualités

 

Il se tient du  27 au 31 juillet à  Cotonou la réunion délocalisée de la commission mixte autour du thème « Renforcer le rôle des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) comme moteurs formels des chaînes de valeur régionales de la CEDEAO ». les travaux rassemblent parlementaires régionaux, membres du gouvernement, représentants d’institutions et acteurs du secteur privé.

 

Intervenant au nom du gouvernement, la Ministre des petites et moyennes entreprises, Awaou Baco, a rappelé que les MPME représentent près de 90% des entreprises de l’espace communautaire.
« L’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest se construira avec les micro, petites et moyennes entreprises. Elles constituent un moteur essentiel de la création de richesses et de l’inclusion économique des jeunes et des femmes », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite listé les défis : faible capacité entrepreneuriale, accès limité aux financements, faible transformation locale, exigences de qualité et accès insuffisant aux technologies.
Face à cette situation, la Ministre des petites et moyennes entreprises a lancé un « appel à l’urgence » pour une réponse collective et une volonté politique forte, en lien avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

Des leviers pour accompagner la création, la croissance et la compétitivité

Évoquant les réformes nationales, la ministre souligne : « Au Bénin, sous le leadership de Son Excellence Patrice Talon, Président de la République, nous avons placé les MPME au cœur de la transformation structurelle de notre économie ».
Elle  cite l’Agence de développement des PME, la Chambre des métiers du Bénin, le Fonds de développement de l’artisanat et l’Agence nationale pour l’emploi comme leviers pour accompagner la création, la croissance et la compétitivité.

« Cette ambition nationale rejoint pleinement la vision 2050 de la CEDEAO. La compétitivité de nos économies dépend de notre capacité à transformer nos matières premières et à créer davantage de valeur ajoutée », a-t-elle ajouté.Cécile Ahouménou : un appel à la formalisation et à l’harmonisation

Au nom de la délégation béninoise au Parlement de la CEDEAO, l’He Cécile Ahouménou a souhaité « la plus cordiale bienvenue en terre béninoise, terre de paix, de dialogue et de dynamique de l’intégration» ».

Elle a exprimé sa gratitude à l’ancien Président, Patrice Talon, « pour son engagement indéfectible en faveur de l’intégration régionale» » et au Président de l’Assemblée nationale Joseph Fifamè Djogbénou « pour la collaboration et la généreuse hospitalité ». Elle a également rendu hommage à la Présidente du Parlement de la CEDEAO, l’Honorable Mounadou Idahima, pour son leadership.

 

Nous devons promouvoir la formalisation des entreprises

 

Sur le fond, la députée Cécile Ahoumenou a insisté : « Nous nous réunissons à un moment décisif. Les micro, petites et moyennes entreprises demeurent les piliers de notre économie régionale. Elles stimulent l’innovation, créent des emplois, notamment pour les femmes et les jeunes, et renforcent la production locale. »

Elle a toutefois relevé que leur potentiel reste entravé par « l’informalité et par un accès limité aux financements, aux technologies et aux marchés régionaux ». D’où sa recommandation : « Nous devons promouvoir la formalisation des entreprises comme un levier de compétitivité, de productivité et de croissance durable, en nous appuyant sur des financements accessibles, l’innovation numérique et l’amélioration du climat des affaires. »

Pour la députée, le Parlement a un rôle stratégique : « promouvoir des cadres juridiques harmonisés, assurer le contrôle efficace des programmes communautaires et plaider pour un soutien budgétaire adéquat au développement des politiques en faveur des MPME. »

Elle a conclu en formant le vœu que cette réunion débouche sur « des recommandations concrètes, applicables et fondées sur des données, susceptibles de renforcer les MPME en tant que moteur formel des chaînes de valeur régionales de la CEDEAO ».

 

La Commission de la CEDEAO alerte sur le contexte

La 2ᵉ Vice-présidente du parlement de la CEDEAO, Adjaratou Traoré, pour sa part a rappelé que les MPME constituent « un défi essentiel pour la croissance inclusive, la création d’emplois et l’intégration économique », dans un contexte d’incertitudes économiques mondiales, de tensions géopolitiques et de défis sécuritaires et climatiques.

Bâtir une économie régionale plus compétitive, plus inclusive et plus résiliente revient selon elle à faire des MPME les véritables monteurs de création de la richesse au sein de leur communauté. Les PME représentent à ses dires plus de 90% des entreprises dans leur espace. « Elles génèrent au moins deux tiers des emplois selon les pays, elles contribuent aussi de manière importante au PIB, aux répercussions fiscales, même si une grande partie d’entre elles opère encore dans le secteur informel », a-t-elle dit.
Les PME sont à ce titre selon elle indispensables à la réalisation des ambitions de la vision 2050 de la CDLR. « Il ne fait donc aucun doute que pour renforcer l’intégration économique régionale, il faudra élever les contraintes qui pèsent sur les MPME », a-t-elle rappelée. Les stratégies régionales et la politique publique doivent pouvoir y contribuer en adressant de manière appropriée », dit-elle.

 

Vers des recommandations du 27 au 31 juillet

Jusqu’au 31 juillet, la commission travaillera à formuler des recommandations opérationnelles pour accélérer la formalisation des MPME, faciliter leur accès au financement et les intégrer aux chaînes de valeur régionales et continentales.

Les participants s’accordent sur un point : le développement de chaînes de valeur régionales compétitives est une voie clé pour l’industrialisation, la création de valeur ajoutée et l’approfondissement du commerce intra-africain.

 

Boniface KABLA