Au Sénégal, après la déclaration de politique générale du Premier ministre le 8 septembre 2026, quel cap pour le camp de son prédécesseur Ousmane Sonko ? Si la majorité parlementaire du parti Pastef n’a pas manqué de critiquer la méthode présentée par le chef du gouvernement devant l’hémicycle, notamment sur un accord conclu par Dakar avec le FMI pour gérer la dette publique colossale du pays, elle n’a pas sollicité de vote de confiance en vue de sanctionner Ahmadou Al Aminou Lô.
Ni les députés, ni le Premier ministre n’ont mis sur la table l’idée d’un vote de confiance. Trop risqué pour Ahmadou Al Aminou Lô, qui s’est évité une probable motion de censure.
Deux mois plus tôt, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avait menacé de faire tomber le gouvernement « autant de fois que nécessaire » si le cap qu’il avait tracé durant son passage à la Primature (avril 2024-mai 2026) venait à changer.
Malgré les divergences profondes exprimées mardi 8 septembre dans l’hémicycle et un changement de méthode assumé par Ahmadou Al Aminou Lô lui-même, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), la formation majoritaire, ont finalement opté pour une voie moins frontale. Il n’est pas question d’installer une « hostilité permanente » a précisé Ousmane Sonko, tout en appelant à un « dialogue loyal » avec son ancien allié au sein du Pastef, le président du pays, Bassirou Diomaye Faye. Et d’ajouter : « En vérité, l’État n’a pas besoin d’institutions alignées mais d’institutions debout »
Le vote de la loi de finances rectificative, test politique et institutionnel
Sur la gestion de la dette avec le Fonds monétaire international (FMI), le Pastef entend néanmoins montrer qu’il « aura le dernier mot », assure l’analyste politique Moussa Diaw. Ces prochaines semaines, les députés se pencheront en effet sur la loi de finances rectificative pour 2026, un texte qui intégrera les engagements pris par l’État sénégalais envers le FMI en contrepartie d’un prêt de 2,2 milliards de dollars pour soulager les finances du pays. La majorité parlementaire sera alors chargée d’examiner, d’amender et de voter ou non le texte, selon son coût social pour les Sénégalais.
Ahmadou Al Aminou Lô présentait mardi devant le Parlement, à Dakar, son programme de gouvernement. Il avait été nommé le 25 mai par le président Bassirou Diomaye Faye, quelques jours après le limogeage d’Ousmane Sonko. Ce dernier est ensuite devenu président de l’Assemblée nationale, à l’issue d’un scrutin dont des députés de l’opposition ont contesté la légalité.
Alliés durant des années au sein du Pastef, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se sont éloignés progressivement jusqu’à la rupture, le chef de l’État lançant notamment son propre parti le 25 juillet dernier.