Le Tribunal de première instance de Cotonou a, une nouvelle fois, reporté l’examen de l’affaire Pierre Urbain Dangnivo. L’audience, reprise ce vendredi 3 juillet 2026 après la suspension du 26 juin, est désormais renvoyée au mardi 8 juillet pour la lecture des pièces et les plaidoiries. Une séance qui aura toutefois été émaillée de dépositions lourdes de sens sur la disparition de l’ancien cadre du ministère des Finances, seize ans après les faits.
Malgré ce nouveau renvoi, l’audience de ce vendredi a permis l’audition de témoins majeurs. La plus remarquée fut celle de l’ex Dgpn, Philippe Houndégnon, ancien Directeur Général de la Police Nationale. Actuellement en détention dans une autre procédure pour harcèlement électronique et incitation à la rébellion, il a formellement mis en cause un présumé auteur: Isidore Akon. « Isidore Akon est un spécialiste des meurtres violents », a-t-il déclaré, à la barre, l’accusant d’être le présumé auteur du meurtre. L’ex-DGPN a indiqué avoir été informé à l’époque par un « informateur professionnel ». Il a cependant déploré que l’enquête ouverte alors ait été stoppée net en raison, selon lui, de la « politisation du dossier ».
Grégoire Dangnivo, au nom de la famille, avait déjà affirmé l’innocence de Codjo Alofa et de Donatien Amoussou, détenus depuis plusieurs années. Il tient pour responsables les autorités politiques de l’époque, au motif que son frère était un opposant résolu au régime défunt.
La famille Dangnivo dit n’aspirer qu’à une seule chose : « la manifestation de la vérité ». L’avocat de la défense, Me Julien Togbadja, a conclu l’audience en sollicitant la mise en liberté d’office des deux prévenus. Rendez-vous est donc pris pour le 8 juillet 2026 pour la suite de ce dossier qui n’a pas fini de livrer ses secrets.
B. KABLA