Le Nigeria s’efforce de renforcer sa coopération militaire avec le Bénin et le Niger pour faire face aux jihadistes venus du Sahel qui gagnent du terrain dans le nord-ouest du pays, a déclaré le 2 juillet 2026 à l’AFP le ministre nigérian de la Défense.
Le Nigeriasouhaite renforcer sa coopération militaire avec le Bénin et le Niger, afin de sécuriser la zone frontalière entre les trois pays, de plus en plus infiltrée par des groupes armés et des jihadistes venus du Sahel : c’est ce qu’a déclaré le ministre de la Défense nigérian à l’AFP, lors d’une interview réalisée à Abuja.
La sécurité s’est largement dégradée ces derniers mois dans cette zone entre Niger, Bénin et Nigeria et c’est un « nouveau secteur » prioritaire pour la défense nigériane.
Le général Christopher Musa a souligné auprès de l’AFP que « le Jnim (…) tente de tirer parti de la possibilité de passer par la République du Bénin, [depuis le Burkina Faso], pour pénétrer au Nigeria ». Une coopération militaire renforcée permettrait ainsi d’intervenir de l’autre côté des frontières, si besoin…
Ce plan est « en cours d’élaboration », affirme le ministre de la Défense, qui espère se rendre au Burkina Faso, au Mali et au Niger dans les prochains mois. Le général à la retraite prône également un échange renouvelé avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La coopération militaire est déjà bien enclenchée avec le Bénin : Christopher Musa a confirmé que des troupes béninoises avaient mené des opérations sur le territoire nigérian avec l’aval d’Abuja. La présence de miliciens béninois aux côtés des forces de sécurité nigérianes a par ailleurs été documentée.
Mettre en place une coopération militaire plus large
Il y a désormais urgence à mettre en place une coopération militaire plus large pour « empêcher [les jihadistes] de s’enfoncer plus profondément dans le sud » du Nigeria, estime Christopher Musa.
Le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection jihadiste depuis 2009, d’abord menée par Boko Haram, puis par sa branche dissidente et rivale, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements ces derniers mois a conduit le président nigérian Bola Tinubu à décréter en 2025 un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale et Donald Trump à menacer le pays d’une intervention militaire.
Le président américain avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes », ce qu’Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, a procédé le jour de Noël à des frappes dans l’État de Sokoto (nord-ouest) ayant visé, selon Washington, des jihadistes de l’EI.
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Nigeria: Washington retire une partie de ses soldats mais maintient le partage de renseignements
Les États-Unis ont retiré « une grande partie » des militaires qui avaient été déployés au Nigeria au mois de mai pour combattre les jihadistes du groupe État islamique. C’est le général américain Dagvin Anderson qui l’a déclaré le 2 juillet 2026, en marge d’une conférence réunissant les chefs des armées du continent africain à Luanda, en Angola.
Le chef du Commandement américain pour l’Afrique (Africom) a également assuré que la coopération militaire avec le Nigeria se poursuivait, notamment pour le partage de renseignements.
L’opération du mois de mai avait permis l’élimination d’Abou-Bilal al-Minouki, considéré comme le numéro deux du groupe État islamique dans la zone.
Le général Anderson décrit cette opération comme un « modèle » qui pourrait inspirer l’avenir de la présence militaire américaine sur le continent. « L’opération menée dans le bassin du lac Tchad, au Nigeria, a profité aux pays de la région, mais aussi monde entier, car elle a perturbé les réseaux de l’État islamique, a-t-il estimé. Par conséquent, nous avons retiré une grande partie de nos forces déployées pour cette opération. Mais nous poursuivons le partenariat sollicité par le Nigéria afin de maintenir le partage de renseignements et la compréhension nécessaires à la réalisation de ces missions difficiles ».
Le général américain Dagvin Anderson ajoute : « Pour l’avenir, cela illustre bien notre volonté de collaborer avec nos partenaires, afin de les aider à être plus efficaces, en leur apportant uniquement les capacités américaines qui leur permettent d’être performants dans ces combats. »
Il conclut : « Depuis l’opération de mai, le Nigeria est resté très actif. Les autorités continuent de poursuivre elles-mêmes les cibles visées. Il s’agit donc d’un effort conjoint qui ne cesse de se renforcer. Notre objectif est d’identifier les zones où cet élan se concrétise le mieux, afin de permettre aux partenaires de contrer eux-mêmes les menaces. »
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