Statue de l'Amazone : Le patriarche Karim da Silva s’incline devant le génie de Talon

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( » L’amazone que tu as dressée nous rend immortel » déclare le nonagénaire)

Trois ans après son inauguration, la statue de l’Amazone du Bénin n’a rien perdu de sa capacité à faire parler. Érigée le 30 juillet 2022 sur commande du président Patrice Talon, l’œuvre continue de traverser les conversations  sur l’identité du pays, sur ce qu’une nation choisit de célébrer, et sur la manière dont elle décide de se raconter.

 

C’est dans cet espace de débat que s’inscrit le président du Conseil des Sages de Porto-Novo Urbain Karim Elisio da Silva. Dans un texte intitulé Le Gardien de notre héritage, il propose une lecture singulière de la figure de bronze, celle d’un symbole qui n’aurait de sens que prolongé par les mots, transmis de génération en génération. Pour lui, les vrais monuments ne se coulent pas dans le métal, ils se forgent dans le courage collectif et perdurent dans la mémoire vivante d’un peuple.

 

En six strophes denses, le nonagénaire brosse le portrait d’un Bénin en mouvement, tourné vers l’avenir sans renier ses racines. Il y évoque les écoles construites, les quartiers réhabilités, les espaces publics rendus à la fierté commune autant de signes, selon lui, d’une volonté politique qui dépasse la seule statuaire.

 

Présentation : Fréjus MASSIHOUNTON

 

Le Gardien de notre Héritage

 

Il est des monuments que l’on ne bâtit pas

Seulement de granit, de fer ou de ciment ;

Ils naissent du courage et survivent aux combats,

Dans l’âme d’une Nation qui s’élève en marchant.

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Car au-delà des murs, des palais, des ouvrages,

C’est un esprit nouveau qui façonne les pas ;

Une exigence ardente affrontant les orages,

Et refusant l’abîme où sombraient tant d’États.

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Ce que sa main bâtit, ce que son cœur fit naître,

N’est point un simple éclat promis aux lendemains ;

C’est un socle vivant que nul ne doit soumettre

À la lente usure des renoncements humains.

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La gloire d’un peuple est une terre féconde

Que les générations apprennent à garder ;

Un feu transmis la nuit pour éclairer le monde,

Et non un souvenir qu’on laisse se faner.

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Ne laissons pas le vent disperser la semence,

Ni l’oubli s’installer sur nos murs relevés ;

Chaque route tracée porte une espérance,

Chaque portail ouvert défie l’adversité.

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Chaque école debout, chaque cité nouvelle,

Chaque place rendue à la fierté commune,

Rappelle que l’effort peut devenir modèle

Lorsque l’amour du peuple illumine la lune.

 

 

Gratitude et reconnaissance à Patrice Talon

Urbain Karim Elisio da SILVA