(« Ton mérite sera reconnu ! Et, justice te sera rendue !!! » déclare le nonagénaire)
Il aurait pu envoyer des fleurs. Il aurait pu se contenter d’un message protocolaire, comme tant d’autres. Karim Urbain da Silva, Président du Conseil des Sages de la ville de Porto-Novo, a choisi, lui, la voie de la poésie.
À une journée du 1er mai, jour où le Président de la République Patrice TALON soufflera ses bougies, ce patriarche de la vie civique béninoise a posé sa sagesse sur le papier pour offrir à l’homme d’État ce que l’argent ne peut acheter : des mots vrais, pesés, portés par une vie entière d’observation et d’amour pour ce pays.
« Tu as pu parce que tu as cru ». Cette ligne, simple comme une évidence, résume à elle seule ce que le nonagénaire pense de TALON. Non pas l’homme de pouvoir, mais l’homme de conviction. Celui qui a regardé un Bénin « pétri de contradictions », « à la limite de l’extrême onction », et qui n’a pas détourné les yeux. Qui a retroussé les manches.
Le vieux sage ne s’y trompe pas. Derrière les chantiers, derrière les routes, derrière les réformes qui ont bousculé les habitudes et froissé quelques susceptibilités, il voit ce que l’Histoire retiendra : « un pays devenu plus mûr, un peuple devenu Nation ». « Tu as fait du Bénin, un pays mûr » écrit-il, et dans ces quelques mots loge toute la gratitude d’un homme qui a vu ce pays de toutes les couleurs, dans ses heures de gloire comme dans ses heures sombres.
Da Silva va plus loin encore. Il convoque la mémoire de l’illustre GUEDEGBE, figure tutélaire de l’histoire béninoise, pour inscrire TALON dans la lignée des grands. « Le digne descendant de l’illustre GUEDEGBE », c’est une reconnaissance solennelle, presque dynastique, que seul un homme de son âge et de son autorité morale pouvait se permettre de formuler sans que cela sonne creux.
Et puis il y a cette chute, lumineuse et ferme à la fois, qui dit tout de l’état d’esprit du patriarche : « Ton mérite sera reconnu ! Et, justice te sera rendue !!! » Pas une promesse en l’air. Un verdict. Celui d’un homme qui a traversé assez de décennies pour savoir que l’Histoire, tôt ou tard, remet chaque chose à sa juste place.

En ce vendredi 1er mai, pendant que le Bénin fêtera son travailleur en chef, Karim Urbain da Silva aura, lui, déjà déposé son cadeau. Un poème. Un acte de foi dans l’homme et dans la nation qu’il a contribué à bâtir.
Présentation : Fréjus MASSIHOUNTON
Lire l’hommage du patriarche au président Patrice Talon
À PATRICE TALON, BÂTISSEUR DE L’AUBE
Auteur de notre foi, semeur de lendemains,
Tu as franchi le seuil parce que tu as cru ;
Par l’amour du pays, par le travail des mains,
Tu as rendu fertile un sol qu’on croyait nu.
Notre Bénin d’hier, pétri de ses rudes tensions,
Aux portes du silence et de l’extrême onction,
S’est redressé par toi, fier de sa destinée,
Nation révélée, enfin illuminée.
—
Héros au verbe rare, au geste magistral,
Tu traces le sillage d’un exemple éclatant ;
De ton courage armé, contre le sort fatal,
Tu as fait du Bénin un pays de son temps.
Toi qui n’ambitionnais qu’un passage éphémère,
Te voici dévoué à l’œuvre séculaire,
Offrant aux Béninois, le sourire aux visages,
Un pays stable et fort, par-delà les orages.
—
Que ton nom soit porté vers les cimes sacrées,
Digne fils de l’illustre et grand GUEDEGBE ;
Patrice, parmi nous, tes traces sont gravées,
Au panthéon des rois, ton siège est préparé.
Bravant tous les complots, les vents et les colères,
Tu as porté le sceptre aux clartés singulières.
À l’heure du triomphe et des succès rendus,
Justice te sera faite : ton mérite est vaincu…
…Par l’immortalité de ton œuvre.
Karim Urbain Elisio da Silva