Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) a salué les résultats de sa coopération sécuritaire avec le Nigeria à la suite de l’élimination d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté par Washington comme le numéro 2 mondial de l’organisation État islamique (EI). Les autorités américaines mettent en avant une stratégie fondée sur le partage de renseignements et le renforcement des capacités des armées africaines.
Six semaines après l’annonce de la neutralisation d’Abu-Bilal al-Minuki lors d’une opération conjointe menée dans le bassin du lac Tchad, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique estime que cette opération constitue un coup majeur porté au réseau jihadiste international.
S’exprimant jeudi à l’issue de la Conférence des chefs d’état-major africains (ACHOD), organisée à Luanda, en Angola, le commandant de l’AFRICOM, le général Dagvin Anderson, a mis en lumière les résultats obtenus grâce à la coopération entre Washington et Abuja dans la lutte contre le terrorisme.
Le responsable militaire américain a réaffirmé que la stratégie des États-Unis repose sur l’accompagnement des armées africaines sans engagement militaire direct sur le terrain. « Nous privilégions des solutions menées par l’Afrique », a-t-il déclaré, précisant que les États-Unis mettent à la disposition de leurs partenaires des capacités spécialisées en matière de renseignement afin de renforcer leur efficacité opérationnelle.
Le général Anderson a particulièrement salué le rôle du Nigeria, qu’il a qualifié de partenaire « vaste et puissant ». Selon lui, le pays dispose d’une armée expérimentée, rompue aux opérations contre les groupes terroristes qui sévissent dans le bassin du lac Tchad et dans le nord-est nigérian.
D’après le chef de l’AFRICOM, les échanges de renseignements entre les deux pays ont été déterminants dans la localisation puis la neutralisation d’Abu-Bilal al-Minuki. Les autorités américaines présentent ce dernier comme le numéro 2 mondial de l’État islamique et l’un des principaux responsables des opérations internationales, du recrutement et de la propagande de la branche de l’organisation active en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
«Nous avons pu mettre à profit notre expertise et intégrer nos services pour renforcer leurs renseignements », a expliqué le général Anderson. Il a souligné que cette collaboration a permis de mobiliser les capacités américaines afin de localiser puis d’éliminer l’un des plus hauts dirigeants de l’organisation jihadiste.
A. ABALLO