Réunis ce jeudi 24 septembre 2026 à Cotonou dans le cadre de la première session 2026 du Groupe technique Décentralisation, déconcentration et aménagement du territoire (GT2DAT), les 12 préfets départementaux, les cadres du ministère et les partenaires techniques et financiers ont examiné les grands enjeux de la gouvernance territoriale. Au centre des échanges : la nouvelle feuille de route 2027-2029 du ministère, la régionalisation du développement, le financement des communes et le renforcement de la participation citoyenne.
Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, veut donner une nouvelle impulsion à la gouvernance territoriale. C’est l’un des principaux messages portés par le ministre à l’ouverture, ce jeudi 24 septembre 2026, de la première session de l’année du GT2DAT.
Cette rencontre intervient au début d’une nouvelle mandature et vise à faire le point sur les réformes engagées, tout en définissant les prochaines actions à mener. Pour le ministre, l’enjeu est désormais de traduire davantage la décentralisation en résultats concrets dans la vie quotidienne des populations. « Notre ambition doit être claire : disposer de communes plus performantes, mieux gouvernées et davantage capables de répondre aux besoins des citoyens. »
Une feuille de route autour de trois ambitions
Pour les trois prochaines années, le MDGL s’est doté d’une feuille de route couvrant la période 2027-2029. Elle repose sur trois grandes ambitions : disposer de 77 communes performantes, renforcer la participation citoyenne et la redevabilité, puis construire progressivement un système national de gouvernance locale fondé sur la performance, les données et les résultats.
« La décentralisation doit se mesurer à la qualité des services rendus, à la transparence de la gestion locale, à la participation des populations, à l’amélioration du cadre de vie et à la capacité de chaque territoire à porter son développement. », a insisté le ministre.
Plusieurs initiatives doivent accompagner cette nouvelle orientation. Il s’agit notamment de l’Observatoire numérique des communes, une plateforme nationale destinée à centraliser les informations relatives aux 77 communes et à faciliter l’accès aux données pour les citoyens, investisseurs, partenaires et décideurs.
Le ministère prévoit également la mise en place d’une Banque intégrée de projets locaux, du Grand prix de l’excellence locale et citoyenne et du Challenge communes vertes et propres. Le Salon des maires et la Conférence nationale des collectivités territoriales doivent, pour leur part, offrir des cadres réguliers de dialogue, de partage d’expériences et de valorisation des initiatives locales.
Régionalisation, FIC et participation citoyenne au cœur des échanges
La session a également permis d’aborder le processus de régionalisation du développement, présenté comme une évolution majeure pour améliorer la coordination des investissements publics et mieux valoriser les potentialités des territoires.
Au nom des partenaires techniques et financiers, Gabriella Spirli, cheffe de coopération internationale de la Coopération suisse au Bénin, a salué les réformes engagées et réaffirmé la disponibilité des partenaires à accompagner le gouvernement dans le renforcement de l’efficacité des préfectures et des communes. Les partenaires souhaitent notamment prendre connaissance des orientations générales retenues par le gouvernement sur la régionalisation et des prochaines étapes de sa mise en œuvre, afin de garantir « l’alignement, la coordination et la cohérence » de leurs appuis. A-t-elle précisé.
La création du Fonds d’investissement communal (FIC) a également été saluée. Pour le gouvernement, cet instrument doit contribuer à renforcer les capacités d’investissement des collectivités territoriales et à améliorer l’impact des ressources consacrées au développement local.
Les travaux du GT2DAT portent par ailleurs sur la signature de l’aide-mémoire de la revue sectorielle conjointe 2025, l’adoption de la feuille de route de la revue sectorielle conjointe MDGL-PTF 2026 au titre de la gestion 2025, les orientations générales relatives à la régionalisation, le point des appuis financiers transférés aux communes en 2026, l’audit des transferts aux communes au titre de la gestion 2025 ainsi que la validation du rapport sur la gouvernance locale, notamment le classement IGL.
Pour le ministre, tous ces chantiers répondent à une même préoccupation : « Comment rendre notre système de gouvernance territoriale plus efficace, plus transparent et plus proche du citoyen ? »
Il a ainsi appelé les différents acteurs à dépasser les simples constats pour formuler des propositions concrètes, définir les responsabilités et fixer des résultats mesurables.
Aser ABALLO
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