Le gouvernement brise le silence sur l’opération de déguerpissement en cours à Togbin, dans la commune d’Abomey-Calavi. Par la voix de son porte-parole, Wilfred Léandre Houngbédji, l’Exécutif annonce le rachat des propriétés appartenant aux personnes en règle, lorsque celles-ci se trouvent dans l’emprise à libérer. Il justifie une opération jugée difficile, mais nécessaire pour prévenir les inondations et réaménager la berge.
Pour la première fois depuis le début de l’opération, le gouvernement s’est officiellement prononcé sur le déguerpissement à Togbin. Interrogé par Bip Radio, le porte-parole du gouvernement, Wilfred Léandre Houngbédji, a apporté des précisions sur les mesures prévues pour les propriétaires concernés. Selon le porte-parole, les personnes disposant des documents administratifs requis ne seront pas laissées sans solution. « Pour ceux qui sont en règle, il est prévu un rachat des propriétés », a déclaré Wilfred Léandre Houngbédji. Cette mesure concerne les propriétés régulièrement établies et situées dans l’emprise à dégager.
Le gouvernement assume par ailleurs le caractère contraignant de l’opération. « Une mesure difficile, certes, mais indispensable », estime le porte-parole, qui rejette toute lecture politique de cette décision.
Prévenir les inondations et aménager la berge
Wilfred Léandre Houngbédji évoque notamment l’occupation anarchique de la berge et du plan d’eau, avec pour conséquence l’obstruction des exutoires naturels. Une situation qui, selon lui, favorise les inondations et contribue également aux retards enregistrés dans les travaux d’asphaltage dans la zone.
Il dénonce aussi une situation qui aurait parfois été favorisée par la négligence, voire la complicité, de certains agents de l’État.
Pour le porte-parole du gouvernement, l’intervention actuelle répond également à un impératif de long terme. « Si on ne fait rien aujourd’hui, cela pourrait être pire demain », prévient-il, en appelant à privilégier la préservation de l’environnement pour les générations présentes et futures.
L’Exécutif affirme enfin vouloir transformer durablement la zone avec l’aménagement de la berge et la mise en navigabilité du plan d’eau sur tout le trajet reliant Cotonou à Ouidah.
A. ABALLO