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Le Gouvernement doit accorder davantage d’attention à l’institution judiciaire

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Avant tout propos, je m’en voudrais de ne pas rendre grâce à l’Eternel des Armées pour son assistance permanente à l’occasion des différentes épreuves qui ont agité la maison justice.

Discours prononcé lors de la cérémonie de passation de charge entre les Gardes MADOUGOU et DJENONTIN

Excellence Madame le Garde des Sceaux sortant,
Excellence Monsieur le Garde des Sceaux entrant,
Mesdames et Messieurs les collègues en vos grades et fonctions respectifs,
Mesdames et Messieurs les officiers de justice, greffiers, secrétaires des greffes et parquets et autres personnels judiciaires,
Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin,
Mesdames et Messieurs les représentants des divers ordres professionnels,
Distingués invités,

Avant tout propos, je m’en voudrais de ne pas rendre grâce à l’Eternel des Armées pour son assistance permanente à l’occasion des différentes épreuves qui ont agité la maison justice.
Au personnel judiciaire, membre du SYNTRAJAB, j’exprime ma profonde gratitude pour avoir fait montre de détermination, de courage et surtout de patriotisme lors des récentes grèves qui ont paralysé le secteur de la justice.
Madame le Garde des Sceaux sortant, du vendredi 08 février 2013 au jeudi 08 août 2013, vous avez, en six (06) mois de passage éclair à la tête du prestigieux département de la justice, donné le meilleur de vous-même. Malheureusement le temps ne vous a pas permis d’imprimer vos marques à notre commune maison. Recevez néanmoins nos remerciements pour votre sens d’ouverture et de dialogue.
Mesdames et messieurs,

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Selon la mythologie grecque l’homme rencontre la Justice dans le berceau de l’humanité. La justice y est personnifiée par Thémis, une femme aux yeux bandés portant une balance dans sa main gauche et un glaive dans sa main droite.
La balance symbolise l’idée d’équilibre, d’équité et de mesure. Elle rappelle tant l’objectif de la justice, à savoir la conciliation et l’apaisement des intérêts en conflit, que le moyen d’y parvenir, départager les plaideurs en pesant le pour et le contre. Elle fait référence à l’impartialité dans l’examen des litiges.
Le glaive, symbole de puissance, rappelle que la justice n’est rien sans la force publique qui permet de la faire respecter. Juger ne consiste pas seulement à examiner, peser, équilibrer, mais encore à trancher et à sanctionner. Le glaive désigne ce que juger peut avoir de douloureux : la détermination de ce qui est juste n’est pas seulement une affaire d’appréciation intellectuelle; elle implique surtout une décision finale, exécutoire, tranchant définitivement un conflit entre des intérêts antagonistes.
La justice est donc, un instrument de pacification des rapports sociaux. Elle n’est pas synonyme de vengeance et ne s’accommode pas de parti pris. Il en résulte que tout mépris à l’égard de l’appareil judiciaire s’analyse comme un complot contre l’Etat de droit et un refus de développement.
En tant que pilier de l’Etat de droit, la justice doit inspirer absolu respect de tous. Elle ne doit pas être en permanence provoquée par le pouvoir exécutif.
Arbitre entre citoyens, entre citoyens et les pouvoirs publics, la justice doit, par son indépendance, la compétence et la probité de ses acteurs, favoriser la sécurité juridique et judiciaire, gage de progrès social.
Et pour qu’il en soit ainsi le Gouvernement doit accorder davantage d’attention à l’institution judiciaire à travers:
-l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel judiciaire,
-la mise en œuvre des différents statuts régissant ledit personnel,
-la lutte sans esprit partisan contre la corruption à tous les niveaux,
-le respect de l’institution judiciaire et surtout de ses acteurs,
-la garantie de la sécurité de tous les magistrats, notamment celle du juge Angelo HOUSSOU,
-la correction avant le 15 octobre 2013 des nominations provocatrices publiées par le Conseil des Ministres en sa séance du 28 mai 2013.
L’atteinte de ces objectifs nécessite:
-l’exécution par le Gouvernement des engagements pris par le Chef de l’Etat vis-à-vis du personnel judiciaire pour le compte de l’année 2013,
-le paiement des émoluments des assises organisées par la Cour d’appel de Parakou pour le compte de l’année 2010,
-la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature et la révision la loi portant Statut de la magistrature,
-la purge du projet de loi portant révision de la Constitution de toutes dispositions attentatoires à l’indépendance de la justice,
-l’implication de l’UNAMAB dans le processus de mutation du personnel magistrat,
Monsieur le Garde des Sceaux entrant, si vous partagez cette offre de partenariat pour une justice plus efficace, vous aurez l’UNAMAB à vos côtés.
Mais si au contraire, vous estimez qu’il faille ridiculiser la justice et ses acteurs, l’UNAMAB sera dans la triste obligation de ne pas vous accompagner.
Pour éviter une bataille rangée entre l’UNAMAB et vous, comme l’a su bien faire votre prédécesseur, je vous conseille de recourir à la concertation préalablement à toute décision majeure.
Votre première bataille, vous vous en doutez Monsieur le Garde des Sceaux entrant, sera le retrait et la relecture du projet de loi portant révision de la constitution à l’effet de le débarrasser de toutes dispositions tendant à la caporalisation du pouvoir judiciaire.
Convaincu que vous saurez vous doter des ressources humaines et financières nécessaires au succès de votre mission, je vous souhaite la bienvenue dans la famille judiciaire.
Je vous remercie