C’est une première pour un artiste africain francophone : le chanteur congolais Fally Ipupa enchaîne deux concerts, ce week-end, au Stade de France, devant un total de 160 000 spectateurs réunis pour célébrer ses 20 ans de carrière. Un spectacle qui fait aussi la fierté de toute la diaspora congolaise qui vit dans l’Hexagone, non sans susciter parfois une certaine émotion…
Il est le premier artiste africain francophone à remplir le Stade de France deux soirs de suite : après un premier concert ce samedi 2 mai dans l’enceinte de Saint-Denis, le chanteur congolais Fally Ipupa revient ce dimanche soir pour une deuxième date.
Deux heures trente de spectacle, des effets pyrotechniques à gogo, des chorégraphies élaborées, des changements de costumes à répétition, des hits à n’en plus finir – de Mayday à Juste une danse – et une dizaine d’artistes invités sur scène à ses côtés, de Youssou Ndour à Theodora en passant par Wizkid… Pour l’occasion, Fally Ipupa met les petits plats dans les grands et pour cause : ce spectacle coïncide avec ses 20 ans de carrière.
Résultat : à la sortie du stade, le verdict est sans appel parmi les spectateurs enthousiastes. « Fally est meilleur que Michael Jackson, meilleur que James Brown, meilleur que tout le monde. Et je ne dis pas ça parce que je suis congolais, mais parce que je suis un « savoureur » de bonne musique ! », lance par exemple ce fan inconditionnel du chanteur encore ensorcelé par sa prestation.
« C’est une fierté pour nous ! »
Mais en venant soutenir « l’enfant du pays », beaucoup, dans la foule, viennent également dire leur fierté d’être de RDC, telle Philomena, deux autocollants aux couleurs congolaises sur les joues, qui vend des fanions en l’honneur de l’artiste. « C’est notre fils du Congo !, lance-t-elle. J’ai 70 ans mais quand j’entends les chansons de Fally, je retrouve mes 18 ans ! ». Ces deux dates au Stade de France, « c’est une fierté pour nous ! », affirme un autre tandis qu’un troisième n’hésite pas à parler de « grande victoire ». Il faut dire que dans le public, nombreux sont ceux qui ont un lien quasi-intime avec l’Aigle congolais en étant issus du même quartier de Kinshasa ou de la même tribu, les Mongo.
Et puis derrière la fierté, il y a parfois aussi l’émotion, notamment celle de retrouver une madeleine de Proust, comme le confie Christelle, venue avec son petit frère : « En tant que fils d’immigrés issus de la diaspora congolaise, [ce concert] représente énormément de souvenirs. Mais il y a aussi beaucoup d’émotion de voir autant de personnes congolaises remplir le Stade de France : c’est comme un retour au pays sans être au pays. C’est un bout de nos origines qui vient à nous et ça fait du bien. Par exemple, on entend Fally Ipupa chanter en lingala. Ça me fait penser à ma mère qui me parle en lingala chez moi ».