Recherche en santé au Bénin : L’ANSALB engage l’harmonisation des procédures pour lever les obstacles à la recherche

Santé & Culture

Réunis ce 21 juillet 2026 à l’Institut de Recherche Clinique (IRC) d’Abomey-Calavi, scientifiques, chercheurs, médecins et responsables d’institutions prennent part à un atelier consacré à l’harmonisation des procédures de régulation de la recherche en santé. Initiée par la Commission permanente Santé de l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB), cette rencontre entend poser les bases d’une gouvernance plus cohérente, conciliant exigences éthiques, efficacité administrative et promotion d’une recherche biomédicale de qualité.

‎La Commission permanente Santé de l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) organise, ce 21 juillet 2026, à l’Institut de Recherche Clinique (IRC) d’Abomey-Calavi, un atelier de de placé sous le thème : « Harmonisation des procédures de régulation de la recherche en santé ».

Cette rencontre rassemble des scientifiques, chercheurs, médecins, responsables d’institutions de régulation et professionnels de la santé autour d’un objectif commun : rendre les mécanismes de régulation plus cohérents et plus efficaces afin de favoriser le développement de la recherche biomédicale au Bénin.

Une recherche en pleine expansion qui appelle une régulation concertée

La recherche en santé connaît un essor remarquable au Bénin. Cette dynamique répond à une nécessité majeure : produire des connaissances adaptées aux réalités sanitaires africaines, longtemps évaluées à partir de références établies sur des populations étrangères.

Pour le professeur Achille Massougbodji, directeur de l’Institut de Recherche Clinique du Bénin (IRCB) et président de la Commission Santé de l’ANSALB, cette évolution a conduit à la création de nombreuses structures de recherche ainsi que d’organismes chargés d’encadrer leurs activités. Ces mécanismes de régulation ont pour mission de garantir le respect des principes éthiques, des droits des participants, des normes internationales ainsi que de la législation nationale.

Cependant, cette multiplication des instances de contrôle a progressivement fait apparaître un autre défi : la coexistence de procédures parfois parallèles et insuffisamment coordonnées.

Éviter que les règles deviennent un frein à la recherche

Selon le professeur Achille Massougbodji, l’objectif de l’atelier n’est pas de remettre en cause les exigences réglementaires, mais d’éviter que leur accumulation ne ralentisse inutilement les travaux scientifiques.

Il rappelle que l’éthique de la recherche s’est construite après plusieurs scandales internationaux, notamment les expérimentations nazies durant la Seconde Guerre mondiale et l’étude sur l’évolution naturelle de la syphilis aux États-Unis. Ces événements ont conduit à l’adoption de règles internationales destinées à protéger les personnes participant aux recherches biomédicales.

« Il est indispensable que ce qui est interdit ailleurs ne puisse pas être pratiqué chez nous », insiste-t-il, tout en plaidant pour une meilleure coordination entre les différentes structures de régulation.

Des procédures simplifiées au service des chercheurs

L’atelier vise à permettre aux différentes institutions de présenter leurs missions, leurs méthodes de travail et leurs procédures afin d’identifier les points de convergence et de proposer des pistes d’amélioration.

Pour les organisateurs, les structures de régulation doivent être perçues comme des partenaires de la recherche plutôt que comme des obstacles administratifs. Les règles devront être mieux comprises, harmonisées et acceptées afin de faciliter leur application.

Vers un guichet unique pour les projets de recherche

Le professeur Luis Teixeira, directeur médical du Centre Hospitalier International de Calavi (CHIC), présent à cet atelier, estime que cette initiative répond à un véritable besoin.

Selon lui, les chercheurs sont aujourd’hui confrontés à plusieurs organismes qui réclament souvent des documents similaires, avec des procédures différentes, ce qui alourdit les délais et les coûts.

S’appuyant sur des expériences menées dans d’autres pays, il évoque la perspective d’un portail ou d’un guichet unique permettant le dépôt centralisé des dossiers, les différentes agences assurant ensuite leur coordination.

Une telle organisation simplifierait les démarches tout en garantissant le respect de la législation béninoise, des principes éthiques et de la protection des données personnelles.

Trouver l’équilibre entre exigences administratives et contraintes scientifiques

Le professeur Achille Massougbodji reconnaît que les chercheurs considèrent souvent les formalités administratives comme des contraintes. Toutefois, il rappelle qu’une société ne peut fonctionner sans règles.

En retour, il invite également l’administration à mieux prendre en compte les réalités de la recherche scientifique. Il cite notamment les études sur le paludisme, dont les travaux dépendent fortement des saisons. Des retards administratifs peuvent faire manquer toute une campagne de collecte de données et repousser les recherches d’une année.

Pour lui, un dialogue permanent entre chercheurs et administrations demeure indispensable pour concilier les impératifs scientifiques et réglementaires.

Un partenariat équilibré pour valoriser la recherche africaine

Le directeur de l’IRCB a également insisté sur l’importance d’un partage équitable des données scientifiques. Les collaborations internationales doivent s’accompagner d’un véritable renforcement des capacités locales, tant sur le plan des ressources humaines que des infrastructures techniques et des moyens financiers.

Le partage des données n’a de sens que si tous les partenaires disposent des moyens nécessaires pour les exploiter au bénéfice des populations concernées.

Faire du Bénin une référence régionale

À l’issue des deux journées de travaux, les participants espèrent formuler des recommandations qui seront soumises aux autorités compétentes afin d’améliorer le système national de régulation de la recherche.

Pour le professeur Luis Teixeira, cette harmonisation permettra de renforcer l’attractivité du Bénin en matière de recherche biomédicale et de positionner le pays comme une référence dans la sous-région ouest-africaine, tout en garantissant une recherche respectueuse de l’éthique, des droits des personnes et des exigences scientifiques.

‎Aser ABALLO

 

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